‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 139 sur 205 · Kra#m. 1, dans les Lyriques grecs de Ber^k · texte numérisé non relu

Kra#m. 1, dans les Lyriques grecs de Ber^k

LE DITHYRAMIIE.

a fait, pour employer l’expression d’Aristote, un grand être vivant. Athènes elle-même en avait bien la conscience, quand elle célébrait par la bouche d’Euripide le bonheur des fils d’Érechthée « qui toujours marchent mollement baignés de l’éclatante limpidité de l’air le plus pur, chez qui autrefois les saintes Piérides, les neuf Muses, enfantèrent la blonde Harmonie’. »

Ce n’est pas Euripide lui-même, c’est Sophocle qui réalisa le plus complètement cette conciliation har- » monieuse de tous les éléments du drame tragique. Mais avant lui Eschyle avait accompli en ce sens le progrès décisif, et de plus il s’était plus fortement pénétré de l’esprit même de Bacchus qui reste en définitive, il ne faut pas l’oublier, la première inspiration de la tragédie. Quelque admirable, en effet, que soit cette grâce singulière du génie attique (pii crée et fait vivre par la vertu de la proportion, il fallait d’abord ici l'action du dieu qui a pour fonction particulière d’émouvoir profondément et d’exalter les âmes. Nous nous sommes attaché à marquer quelles idées et quels sentiments se distinguent au fond des croyances religieuses dont il est l’objet : le moment est venu de chercher enfin sous quelles formes et dans quelle mesure ces sentiments et ces idées vont être exprimés par la tragédie, qui devient, à peine née, le principal ornement de ses fêtes.

1. Méfiée, v. 827. Ces vers ont été rappelés par Otfr. Muller, llisl. de la littéral. ÿrecifue. cl), xx, intitulé Athènes.

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