‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 142 sur 205 · Vers 1008 et suiv · texte numérisé non relu

Vers 1008 et suiv

entrave et commande à la nature. C’est ainsi que Dionysos, en la remplissant de lui-même, la fait participer au grand mystère du monde. Tel est le côté merveilleux de l’enthousiasme Dionysiaque.

Il y avait dans les Mystères de Bacchus un autre côté qui leur était commun avec tous les Mystères. Ceux qui les célébraient s'unissaient de cœur avec la divinité dont la passion et le triomphe étaient exprimés par les rites religieux. De là des angoisses et des découragements, des élans de confiance et de joie, enfin toute une série d’émotions des âmes qui, étroitement attachées à leur divin maître, se sentent tout à coup défaillir quand elles se croient abandonnées de lui, et sont réconfortées par sa présence et par sa victoire. Le caractère particulier de Bacchus et de ses légendes rendait ces émotions plus vives dans son culte que dans celui d’aucun autre dieu. Euripide représente cette union mystique avec une grande force d’expression, et il y mêle des prodiges qu’il va jusqu'à mettre sous les yeux des spectateurs.

Les ordres de Penthée ont éloigné des bacchantes, pour l’enchaîner dans une prison obscure, le guide qu'elles ont suivi par un irrésistible entraînement depuis le Tmolus, leur unique soutien dont elles ignorent la divinité, mais éprouvent constamment la merveilleuse influence. Seules , menacées ellesmêmes, elles invoquent leur dieu, par qui elles se sentent délaissées en même temps que par celui qu elles regardent comme son ministre 1 : « Vois-tu, ô Dionysos, fils de Jupiter, vois-tu tes prophètes dans

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