‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 15 sur 205 · Odyssée, VI, 42. - 2. Iliade , VIII · texte numérisé non relu

Odyssée, VI, 42. - 2. Iliade , VIII

3. Un passage du XVe chant, v. 224 et suiv., fait entrevoir la possibilité

ET D’HÉSIODE

d’évidentes personnifications. Ce n’est que par une induction qu’on reconnaît qu elles ont dû exister dans des légendes auxquelles le poëtc n’a pu rester complètement étranger. Quant à lui, chantre de l’Age héroïque et des dieux olympiens, il oublie à moitié, il supprime presque ce qui est antérieur ou contradictoire à ce monde délimité auquel son imagination appartient tout entière, ou bien il ne l’y fait rentrer que par une modification qui l’approprie à sa conception générale. Ainsi il prononce le nom du géant Typhée1, personnification des tourbillons et des phénomènes volcaniques, ce dernier ennemi de Jupiter dont les poèmes hésiodiques ont recueilli la légende; mais on ne distingue nettement, dans le court passage de l’Iliade, que les traits courroucés du dieu vainqueur et les secousses de la terre qu’il flagelle. Une autre figure gigantesque et monstrueuse apparaît aussi un instant; évoquée des profondeurs du monde, elle surgit de nouveau à la lumière et frappe de stupeur les dieux olympiens : c’est le centiinane Briarée ou Ægéon, dont le double nom indique deux âges de traditions religieuses. Suscité par Thétis , il vient s’asseoir, « glorieux de sa force’, » à côté de Jupiter, que d’autres grandes divinités de l'Olympe, Héra, Posidon, Pallas-Athéné, voulaient enchaîner, et son aspect suffit pour les faire renoncer à leur projet. Ce dernier mythe serait curieux à examiner. Briarée ou Ægéon , c’est l’humidité qui , par l’évaporation , et

d’une lutte que Jupiter soutiendrait contre Neptune, dieu de la mer, et qui, reconnaît-il lui-méme, ébranlerait le monde jusque dans les régions infernales.

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