‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 16 sur 205 · Iliade, IJ, 781. — 2. KOSei ^aitov. Iliade, I · texte numérisé non relu

Iliade, IJ, 781. — 2. KOSei ^aitov. Iliade, I

I,ES DIEUX D'HOMÈRE

surtout par l’évaporation de la mer, que Thélis représente, monte de la terre et de la mer jusqu’au ciel, où elle forme les nuages qui recèlent la foudre. Si celte interprétation est vraie , le petit récit de l'Iliade montre à la fois une des antiques forces de la nature acceptant le rôle d auxiliaire du dieu souverain, et les discordes, qui semblent inséparablement liées à l’idée de l’organisation de b univers, transportées au milieu des divinités déterminées et personnelles qui président au monde homérique. C’est que ces divinités, elles aussi, laissent deviner, sous le voile plus ou moins transparent de leurs attributs, les forces ou les éléments de la nature, dont elles sont devenues les représentations; et l’on voit ainsi comment leurs querelles, au sujet des Grecs et des Troyens, peuvent être considérées comme une image épique de ces dissensions des puissances primordiales qui ont précédé et préparé l’équilibre et l'harmonie de l’univers.

11 ne faut pas abuser de ces interprétations. On ne saurait trop répéter qu elles sont très-élo ignées de la pensée d’Homère. 11 est innocent de toute complicité avec les philosophes et les savants qui, plus tard, ont expliqué à leur manière ses récits et ses lietions. Si le mouvement naturel de la poésie grecque le pousse quelquefois vers l’allégorie, le plus souvent il n’y a pas de sens caché à découvrir sous les images qu’il nous présente, et ce sens, quand il existe, n’a jamais rien de trop ingénieux ni de systématique. Quand Jupiter rappelle à Junon1 qu’un jour il l’a suspendue au

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