‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 150 sur 205 · I . flév&rj pi^tora £axpva>y xxpTrovjAEvtw · texte numérisé non relu

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ET L’ORPHISME D’EURIPIDE. 423

un sentiment de reconnaissance affectueuse pour sa divine amie qui lui accorde le bienfait de sa vue et l'entretient une dernière fois. Le bien-être qu’il éprouve vient d’un adoucissement de la souffrance présente, plutôt que de la joie du triomphe et d’un espoir infini. Au point de vue religieux, toutes ces émotions sont bornées et incomplètes. En regard des fureurs de Vénus, nous n’avons pas l’exaltation sainte envoyée par la divinité pure et bienfaisante; il n’y a pas ici de martyr confessant victorieusement sa foi et illuminé dans l’épreuve par le rayonnement de la récompense éternelle. Songeons un instant à Polyeucte, à l’ardeur qu'il porte au sacrifice, à cette flamme qu’il communique à toutes les âmes généreuses ou timides qui ressentent son contact, et nous reconnaîtrons que, soit par la faute du poète, soit par celle du public, l’Orphisme d’Hippolyte et d’Euripide n'est pas une vraie religion.

La belle scène du poète grec est au-dessus de toute critique et de tout regret. Nous devons d’ailleurs, en le jugeant, prendre garde d’oublier quel était l’esprit de son pays et de son siècle. Mais il nous est permis de remarquer quelles limites n’a pu dépasser dans le pathétique la religion qu’il avait en partie empruntée à une singularité des mœurs contemporaines et en partie créée lui-même. Il n’y a pas, et il ne pouvait pas y avoir égalité de force entre l'action d’une Vénus directement prise de la croyance populaire et celle d’une Diane idéale. Le drame appartient à la première. Si l’excès de son pouvoir révolte contre l’autorité divine, l’impuissance de la seconde ne ramène pas à la disposition contraire : la supériorité morale de celle-ci ne se manifeste pas par des effets

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