‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 158 sur 205 · s?«}AEptcüv · texte numérisé non relu

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DANS ESCHYLE. 445

par ses propres épreuves et par celles de toute sa race, montrées dès l’origine dans le personnage d’io. Bien plus, son père lui réserve, avec l' immortalité de la gloire, l’immortalité des dieux et l’appelle auprès de lui dans l’Olympe. On peut dire que l’humanité, précipitée du ciel dans la personne de Prométhée, y remonte dans celle d Hercule. Ce couronnement de la destinée du héros, dont il ne pouvait manquer d être question dans la tragédie suivante, n’est pas annoncé dans le Prométhée enchaîné. Mais il y est dit qu’il accomplira la délivrance du Titan , résigné à une réconciliation, et la conclusion se tire d’elle-même. Désormais les hommes, relevés de. la sentence d’exclusion, admis à leur place dans l’ordre universel, adoreront avec confiance un maître bienveillant et auront en vue, pour raffermir leur courage et leur vertu, l’image idéale d’Hercule. Tels sont les progrès qu'ils auront pu faire, au milieu des obstacles et des maux, depuis le jour où, sur le point de périr misérablement, ils avaient été recueillis par la compassion de Prométhée. Ils couraient risque d’être rejetés dans les ténèbres et le néant avec ces premières ébauches, avec ces êtres imparfaits et incapables de perfection qu’avait créés la fécondité aveugle et désordonnée de la nature : les voici maintenant associés aux immortels dans la possession de l’intelligence et dans l’affection du dieu suprême.

De son côté, Jupiter a dît faire un grand progrès avant de s’élever à ce rôle de bienveillance majestueuse et sereine qui lui est maintenant attribué. Mais il est à remarquer que le progrès de Jupiter est le progrès même du monde, qu'il ne cesse, pas de gouverner.

L’IDÉE DO MONDE

Dès le moment où il à conquis le pouvoir, cette tendance vers le bien a été sensible. Il luttait contre les forces élémentaires et brutales ; enivrées de leur propre énormité, elles ont repoussé les conseils de Prométhée et de Thémis et elles ont perdu ces précieux auxiliaires : le principe intelligent s’est détaché de la masse confuse des choses pour se rapprocher du nouveau dieu qui a ainsi achevé de s’en distinguer lui-même, et c'est de cette façon que l’empire des Titans est passé entre ses mains.

Mais, quand le drame commence, au lendemain de la victoire, l’iinion de l’intelligence et de Jupiter n’est pas encore complète. La phase de violence n’est pas terminée; tout respire encore les passions de la lutte, qui semble toute prête à se réveiller. Le vainqueur a pour ministres Kralos et Bia , la force et la violence, dont le dur langage contraint le dieu du feu à clouer sur le rocher Prométhée tout frémissant. C’est un régime d’oppression qu il impose à ses sujets. Il le fait sentir aux antiques divinités et même aux dieux Olympiens: «Toujours irrité, son esprit inflexible dompte la race d’Uranus, » et toute désobéissance de la part de ses enfants serait punie d’un châtiment terrible'. Mais c’est surtout sur les hommes qu’il fait peser sa tyrannie. Après avoir voulu les détruire, sa jalousie poursuit impitoyablement leur bienfaiteur. Il semble même au poëte qu’il ne puisse exprimer assez fortement une pareille idée, car voici qu’il rapproche du Titan supplicié un autre martyr de l’humanité : ce personnage étrange d'Io, victime innocente de la passion de Jupiter,

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