CHAPITRE V
LOIS RELIGIEUSES ET MORALES QUI PRESIDENT DANS ESCHYLE A LA DESTINÉE HUMAINE.
Lm signes et les instruments ou les ministres du gouvernement divin sont, chez Eschyle, les songes et les oracles, les apparitions, les Ërinnycs.
Pour Eschyle, comme pour les Grecs en général, les lois qui président à la destinée humaine, sont en principe les lois de la Fatalité. Le lot assigné d’avance (jjto'pa), l’arrêt du destin (r, -t-pw/iv-r.) , la nécessité (âvâystr,), Adrastée ou F inéluctable (’A£pâ<iT«a) : ces mots retentissent constamment au milieu des infortunes dont le poëte nous présente le spectacle. La vie de l'homme apparaît donc comme fatalement enchaînée au malheur et, il faut souvent ajouter, au crime. Qu’est-ce cependant que cette fatalité dans la pensée d’Eschyle ? Est-elle absolue, ou laisse-t-elle quelque place à la liberté? Estelle éternelle, ou bien reste-t-il quelque espérance d’arriver au bien volontairement cherché, au bonheur conquis par l’effort et gagné par le mérite? Ces questions furent l'objet des méditations