Vers
I action se précipite vers la catastrophe : il est raconté en détail; on voit, même avant de savoir sous quelle forme il est apparu, l'impression fatale qu’il produit; il est le début même de l'action qu’il accompagne jusqu’au dénomment : « Hélas! le voici ce serpent que je nourrissais ! » s'écrie Clytemnestre sous l’épée de son fils. Il est le premier coup porté par Agamemnon dans cette guerre de représailles qu’il veut, enlin commencer : c’est Agamemnon lui-même qui l’envoie du fond des enfers, et les enfers sont la demeure des songes.
Les songes, en effet, enfants de la nuit et frères de la mort comme le sommeil', n étaient pas seulement considérés comme se produisant au milieu des ténèbres terrestres : ils venaient des ténèbres infernales. Quand leur demeure était localisée, on la plaçait « près des portes du soleil’, » c’est-à-dire à la sortie de la région des ombres. Et rien de plus naturel qu’une pareille fiction; car, s’ils empruntaient les apparences de la vie, si pour un instant ils paraissaient s’éclairer d’un semblant de lumière, s’ils agissaient même sur les sens, en réalité ils n'étaient que des, fantômes et des illusions, de vaines images prêtes à se confondre ou à s'effacer, ils appartenaient bien à ce monde éteint et mystérieux d’où la substance est exclue et où règne le vide. Mais, d’un autre côté, comme ce même monde renfermait les principes de toute vie et de toute science, il s'ensuivait que les songes pouvaient en apporter aux vivants des révélations sur la vérité qu’ils ignoraiént et sur l’avenir. Dans les Choépliores, la tragédie la