I. Hésiod, Throg. 212. — 2. Homer. Od.. XXIV
l)AXS ESCHYLE.
plus fortement composée qui nous soit restée d'Eschyle, le songe de Clÿtemnestre est la fidèle expression des croyances grecques les plus anciennes, les plus naturelles et les plus profondément religieuses. Comme il est en môme temps d’un très-grand effet, on est autorisé à le prendre pour type de ce que pouvaient être les songes dans le système dramatique «le ce poete, à la fois si pathétique et si religieux.
Quand la vie religieuse des Grecs se constitua, leur goût pour la précision et l’idée de la majesté divine leur firent mettre au second plan l'oniromancie et réserver leurs premiers hommages pour les oracles, surtout pour l’oracle de Delphes, émané de la môme source que les songes, inspiré par le souffle de la terre, mais sous l’autorité du brillant Apollon, prophète de Jupiter et dieu de la patrie hellénique. Euripide nous adonné un récit poétique de la lutte qui mit Phébus en possession de cet honneur1. Le jeune dieu tue d’abord le dragon monstrueux qui, caché sous l’ombrage épais du laurier, gardait l’issue de l’oracle souterrain. Puis, vainqueur, il s’assied sur le trépied d’or, trône de vérité, centre de la terre, et il dépouille Thémis de ses fonctions fatidiques. Mais alors la Terre venge l’affront fait à sa fille et cette usurpation sur sa propre puissance, en fermant la source des oracles. Elle les remplace par des fantômes qu elle enfante pendant la nuit, par les songes, qui vont communiquer aux mortels endormis la science du passé et de l'avenir. Il faut l’intervention de Jupiter pour éloigner du sanctuaire pythique les effets du courroux de l’an-