‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 168 sur 205 · I. Eu mm. |03 sqq · texte numérisé non relu

I. Eu mm. |03 sqq

DANS ESCHYLE

du cœur, qui était pour Homère le siège de la sensibilité et de l'intelligence, sans doute comme recevant le contre-coup le plus direct des mouvements du cœur. Eschyle l'entend encore ainsi, car il dit dans son Promélhée enchaîné : « Par l’effet de la crainte mon cœur frappe à coups redoublés le péricarde*. » Telle serait la traduction fidèle du grec. Pour compléter dans ses traits principaux l’exposition de cette antique physiologie, adoptée par Eschyle, au cœur et au péricarde il faudrait ajouter le foie (r.rap, 7.o6oî), comme ayant une signification voisine, comme étant l’organe de la sensibilité la plus Apre et la plus intense. « Que ne puis-je m’attacher à son foie, y appliquer mes lèvres et le dévorer1! » s’écrie l’Hécube d’Homère dans sa rage impuissante contre Achille. C’est au foie que les Furies dans Eschyle se sentent pénétrées par l’aiguillon du remords*. En général ces organes intérieurs (cTvÀayyva*) sont affectés par les sensations et par les émotions les plus profondes; c’est là qu'habite en nous la passion, et c’est là aussi que réside la faculté de connaître ; c’est là, dans ces parties de nous-mêmes où s’élabore le travail secret de la vie, qu elle exerce scs fonctions les plus mystérieuses, les plus irrégulières et les moins définies, les moins accessibles à l'analyse et au raisonnement : par exemple cette perception par laquelle elle dissipe l’oubli du passé, qu'elle voit comme le présent, ou même, en partie, l’ignorance de l'avenir, qu’elle nous fait devancer par des troubles inexplicables. Le quatrième chœur t\' Ayamenwon est principalement une

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