‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 169 sur 205 · Fnmen. 159. — 5. Agntn · texte numérisé non relu

Fnmen. 159. — 5. Agntn

expression pathétique ilu pressentiment et de ses effets intérieurs; il y est rapproché des rêves et. attribué avec eux, connue à sa cause première, à l’action des divinités infernales

Mais, si Eschyle s’arrête à ces phénomènes étranges, ce n’est pas uniquement parce, qu’il cède à l’attrait de leur étrangeté ou parce qu’il veut augmenter l’impression mystérieuse de sa tragédie. II les fait aussi servir, et surtout les rêves, à l’expression de la grande pensée, morale et religieuse, qui le préoccupe. Pindare, dans les vers que nous avons cités, montrait la divinité travaillant au bien des mortels et prenant quelquefois les songes pour instrument de cette noble sollicitude : messagers du monde inconnu où l’on sait tout, ils remplissent dans notre monde d'ignorance une mission de bonté et de pieuse édification; ils avertissent les hommes qu’il est une sanction que leur réserve après la mort, l’éternelle justice. C'est surtout ici qu’Eschyle se rencontre avec Pindare. Il conçoit de même une divinité soucieuse du perfectionnement moral de l’homme et qui lui envoie des avertissements pendant la nuit. Mais la nature de la tragédie, et, en particulier, celle du drame où cette pensée se trouve exprimée, lui donne une forme plus vague encore et plus sombre :

>< Pendant le sommeil l'Ame éveillée sent distiller sur elle le souvenir douloureux du mal : il vient apporter ta sagesse môme aux volontés rebelles; violence bienfaisante des divinités, qui cependant siègent sur leurs trônes augustes’. »

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