‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 177 sur 205 · Vers 51t · texte numérisé non relu

Vers 51t

DANS ESCHYLE

orgueil qui lui avait fait outrager les droits supérieurs d’un dieu'.

Par une déduction de la même idée générale, elles sont aussi les gardiennes de la vie humaine : sous quelque forme que le meurtre se produise, elles demandent au meurtrier eomple du sang répandu. Les vainqueurs à la guerre, comme Agamemnon, sont done sous le coup de leur colère : « Ceux qui ont beaucoup tué, n’échappent pas à la surveillance dhine. Mais un jour vient où les noires Erinnyes renversent le mortel dont la prospérité offense la justice; elles épuisent sa vie par la souffrance, et le plongent dans des ténèbres où cesse avec l’existence tout espoir de secours*. » Les Erinnyes étendent même leur protection à tous les droits naturels; elles entendent la malédiction du peuple affligé1 * * * 5, comme celle de L époux outragé par un hôte adultère1.

Ordinairementelles manifestent leur action au moyen d’/l/é, le crime et le malheur qui s’engendrent fatalement eux-mêmes, la fascination qui attire la victime désignée vers la faute et vers l’abîme, l’aveuglement qui l’y précipite : «Érinnys appelle à grands cris la ruine, Até, qui, envoyée par les premières victimes, se renouvelle et se multiplie*. »

La passion des hommes, elle-même fatalement excitée, vient en aide à ces divinités terribles, pour consommer avec elles dans les familles et dans les cités

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