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mains pleines d’aliments tirés de leur propre substance, ils portent leur chair avec leurs entrailles, mets déplorable dont leur père a goûté. I)e là, je vous le dis, vient la vengeance qu’un lion sans force, vautré dans la couche de mon maître absent, médite pour son retour1 »
Tous ces crimes sont l’œuvre des Furies. L'imagination de Cassandre qui les rassemble tous en un même instant et les embrasse d’une seule vue, aperçoit en môme temps fixé dans cette demeure fatale le chœur des hideuses divinités. Insatiables de meurtres, elles y renouvellent leurs banquets, s’excitent en y buvant du sang humain, y chantent leurs hymnes funèbres, en imprègnent les murs d’une odeur de tombe. Et ce n’est pas seulement aux yeux perçants de la prophétesse que leur présence se révèle. Chacun reconnaît avec effroi Faction de cette puissance qu elles personnifient; elle est reconnue même par Clytemnestre, dont l’énergie propre est si grande, mais qui n’en seconde que mieux leur fureur. C'est ce qu’Eschyle a tenu à faire ressortir par la longue et magnifique scène qui, immédiatement après l’assassinat d’Agamcmnon, met en présence le chœur et Clytemnestre1. La catastrophe a éclaté, et, à ce qu'il me semble, le drame est fini. Oui, si le sujet du drame était le libre développement d’une action humaine. Mais le poète a pour objet de montrer à quelle force obéissent les acteurs humains, de quelque volonté et de quelque passion qu’ils soient animés. Il trouve donc qu’il n’a pas assez fait sentir, malgré les effets redoublés des chants du chœur et de