‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 183 sur 205 · I. CVsi-à-ilirp q«n*H il aura traversé l’Aeli5r<»n · texte numérisé non relu

I. CVsi-à-ilirp q«n*H il aura traversé l’Aeli5r<»n

DANS KSCHYJ.K.

trompe : la mort d’Agamemnon sera pleurée par les siens; longtemps après, mais au jour du châtiment, ses deux autres entants, quelle ne nomme pas, uniront leurs voix, au pied de son tombeau, dans la plus pathétique des lamentations et y puiseront la force de le venger.

Celle dont l'ironie haineuse ne respecte pas la religion des morts ne connaît pas davantage la honte. C’est le front levé qu’elle prononce le nom d’Égisthe et qu elle insulte, sa seconde victime, Cassandre, dont le corps est étendu à côté de celui d’Agamemnon , par des outrages où «à T impudence dans l’adultère se mêle singulièrement la jalousie de l’épouse : « Le voici donc sans vie l’auteur de mes maux, délices des Chrjséis sous les mursd llion, et voici près de lui la devineresse sa captive, la diseuse d’oracles sa compagne de lit; la voici, partageant üdèlement sa couche, de même qu’elle foulait avec lui les planches du même navire. Tous deux ont obtenu le sort dont ils étaient dignes : lui, vous savez comment; quant à elle, après avoir préludé à sa mort comme le cygne par un dernier chant de douleur, elle est étendue à côté de son amant : il l’amenait ici pour son plaisir, et elle met le comble à ma volupté. »

En présence de ces fureurs plus qu’humaines, le choeur est pénétré d’effroi. Il reconnaît le génie funeste des Tantalides, acharné à la ruine de leur maison. Clytemnestre le reconnaît avec lui. Cette pensée s’empare d’elle, et elle s’écrie dans son exaltation : « Ne dites pas que je suis l’épouse d’Agamemnon ; sous les traits de la femme de ce mort, l’antique et terrible vengeur du festin d’Atrée a immolé cette victime, un homme fait

5,0 I.A DESTINÉK HUMAINE

pour prix d enfants égorgés. » Ces vers d’Eschyle, dont notre langue ne peut rendre l’énergie sonore, sont d'un effet sublime. ( ne lumière sinistre semble éclairer la scène : 1 etre humain disparaît, et nous voyons que cette effrayante ligure, pâle et frémissante, qui nous Ici i i liait, est celle de la Fatalité personnifiée, véritable auteur de ce déchaînement de passions furieuses. Ce génie des lantalides, c est le même qu’Érinnys, Até, Alaslor, noms divers de la puissance vengeresse, fidèle gardienne des souvenirs terribles, qui est tout entière a son œuvre de sang et de destruction, à ces enfantements renouvelés de crimes donteette famille maudite forme comme la trame de son existence.

Cette parole de Clytemnestre, est-ce, comme le croit le chœur, un effort pour se disculper? Non, elle voit ce qui se passe en elle et s’aperçoit, au milieu même de ses plus grandes violences, qu elle n est qu un instrument. Cette conscience de son rôle et de sa destinée ne brise pas tout d un coup son énergie; cependant peu à peu son exaltation change de nature, devient moins âpre, et enfin tombe: cette femme hardie est domptée. Quand le chœur, effrayé de cette pluie de sang qui menace d abattre la maison royale, implore un pouvoir qui la délivre des Furies, ses botes obstinés, Clytemnestre s associe à ces vœux; la lassitude et la crainte ont enfin pénétré dans son âme : « Oui, que le génie des Plisthénides me laisse m’engager par serment à m’en tenir aux maux actuels, quelque durs qu’ils soient, et que désormais il quitte cette maison pour épuiser quclqu autre famille par des fureurs homicides.... » Et bientôt après, lorsqu bgisthe s’irrite des invectives des vieillards et qu’une lutte menace de s’engager.

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elle le retient et le calme : « 0 le plus chéri des hommes, ne causons point d'autres maux. Cette triste moisson recueillie par nos mains est déjà assez abondante : les malheurs accomplis suffisent ; n ensanglantons pas la querelle’. »

Voici donc à quel résultat aboutit celte dernière partie d’ Agamemnon, si Eschyléenne par l’idée fondamentale comme par l’étrange et sombre richesse de l’imagination : à l’action du plus passionné des personnages se substitue, de son aveu même, celle des puissances infernales; ou plutôt elles révèlent complètement leur présence et font reconnaître leur primauté.

(à* sont elles également qui conduisent l’action particulière des Choéphnres, car cette tragédie a aussi pour sujet, et plus manifestement encore, la vengeance des droits de la famille: la mort d’Asamemnon y estcomplétement vengée, et, aussitôt après, celle de Clytemnestre commence à l’être. Mais ici, dans la partie principale et la plus considérable, celle où üreste venge son père, le dessein général d'Eschyle ne lui permettait pas de faire représenter les puissances infernales par les Furies. Sans doute les Furies ne peuvent être tout à fait absentes parmi les causes qui donnent au parricide l’impulsion fatale. Mais elles ne se montrent pas au premier plan. Elles n’y reparaîtront qu’après le meurtre de Clytemnestre, pour attacher elles-mêmes le dernier anneau de cette chaîne de crimes et d expiations qui se continue dans cette race prédestinée, et leur apparition n’en produira que plus d’effet. C’est là une

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