‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 186 sur 205 · Vers 180 et suiv. — 2. Vers 341 et suiv · texte numérisé non relu

Vers 180 et suiv. — 2. Vers 341 et suiv

tera leurs attributs et les désignera à la vénération de tous les hommes. Comment Eschyle développe-t-il ce dessein et le conduit-il à son terme?

D’abord, par un procédé familier à son art, il marque avec une force singulière l’opposition des principes contraires : le rapprochement n'en sera que plus merveilleux et d’un plus grand effet. Sur le seuil du temple de Delphes, d’un côté sont les vieilles et impla cables Erynnies sous leur forme monstrueuse; de l'autre, flans tout l’éclat de sa jeunesse et de sa beauté, Apollon-Fythien, le dieu de la justice clémente, le dieu de l’expiation, qui proclame le droit du suppliant, consacré déjà par Jupiter quand il s’est fait l’expiateur d’Ixion1. C’est Apollon-Phébus qui, en prenant possession du trépied, a fait rentrer plus directement les influences fatales par lesquelles la vie humaine est déterminée d’avance, sous l’empire de son père, de celui qui gouverne souverainement le monde suivant une idée d’harmonie.

Ainsi cette première partie qui est comme l'introduction du drame, place directement et par un effet plastique les adversaires en presence. On sait d’avance de quel côté sera la victoire. Déjà à Delphes, l’avantage d’Apollon, dans son propre temple il est vrai, n’est pas douteux. Les Furies avaient osé pénétrer dans son sanctuaire : les vigilantes et infatigables divinités sont tombées sans force, domptées par le sommeil. Et bientôt il les chasse, après avoir dérobé à leur surveillance Oreste dont elles n’ont pu empêcher la supplication. Dans la ville de Minerve, où va s’enga-

Page 1