‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 189 sur 205 · I . Ver» AYt · texte numérisé non relu

I . Ver» AYt

vers. Elles peuvent détruire le germe fécond dans la plante qui pousse comme dans le sein de l'animal et de la femme; elles peuvent déchaîner les pestes et les famines, aussi bien que les discordes domestiques et les dissensions civiles.

La puissance supérieure qui a su mettre un terme à leur poursuite, conjurera aussi les effets de leur colère ; mais ce sera par une action respectueuse et douce qui, loin de les diminuer, les grandira. La parole ferme et conciliante de Minerve, tout en leur faisant sentir le péril d’une lutte contre le dieu suprême, leur représente qu’elles ne sont pas vaincues puisque le nombre des suffrages est égal des deux côtés, reconnaît la sainteté de leurs attributions et leur en découvre même la plus belle face. Qu’elles continuent d imposer un frein salutaire à l’audace et au crime'; quelles conservent contre quiconque les méprisera leurs terribles allures et maintiennent l'antique loi, l’hérédité de la responsabilité morale’; mais aussi qu’elles manifestent pour le bien des hommes la force qui leur \ient de leur origine infernale : « De leurs demeures souterraines elles pourront, si elles le veulent, retenir le mal prêt à fondre sur la contrée et envoyer à la ville tous lesavantages qui la rendront triomphante’. » Elles deviendront ainsi les protectrices de ce beau pays où la déesse les convie à partager ses honneurs et à lixer près d’elle leur séjour. Les Erinnyes cèdent enfin, elles acceptent la sentence rendue et s’établissent aux portes d’Athènes dans le sanctuaire qui leur est solennellement consacré.

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