‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 190 sur 205 · I. Vers 910. — 2. Vers 9.T2 et suiv. — U. Vers I0ÜÎ · texte numérisé non relu

I. Vers 910. — 2. Vers 9.T2 et suiv. — U. Vers I0ÜÎ

DANS ESCHYLE

Voici donc les changements qui se sont accomplis : leur pouvoir s'est étendu; ce ne sont plus seulement des bourreaux cruels, elles ont en général pour mission de régir la destinée humaine'. Elles se sont fixées; elles laissent respirer le monde qu’elles parcouraient sans cesse d’une course furieuse; elles ne poursuivront plus indéfiniment les générations d’une famille maudite, car l'hérédité de l’expiation par le crime n’est plus une loi absolue. Cette perpétuité funeste peut être arrêtée par le repentir; la souillure originelle peut s’effacer par la purification; la justice n’est plus inexorable; le retour au bien est devenu possible, et la route n’est plus irrévocablement fermée.

Telle est la transformation qui s’est opérée dans les Erinnyes; ces puissances ennemies se sont changées en puissances bienveillantes : ce sont maintenant les Euménides. C’est, sous une forme nouvelle, l’idée que le vieil Homère exprimait déjà par l’allégorie des Prières repentantes. On voit quelle richesse de développement elle a reçue d’Eschyle. Il en a fait le dénoûment de toute sa trilogie, la conclusion qui la termine. Oreste absous quitte la scène, et le drame dure encore; le débat n’arrive à son terme que lorsque les Furies consentent au jugement prononcé et acceptent cette grande modification de leur caractère. Cette dernière partie, ce prolongement du procès et l’accord qui le clôt enfin, n’est-elle pas en dehors du sujet primitif? N’en doit-elle pas être considérée comme une déviation qui pourrait s’expliquer par une pensée patriotique du

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