‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 192 sur 205 · Uranus. — 2. Saluriie. — 3. Vers 1 60 et suiv · texte numérisé non relu

Uranus. — 2. Saluriie. — 3. Vers 1 60 et suiv

4. Si je ne craignais d’étendre outre mesure cette dissertation, ce serait ici le lieu d'insister sur le rêle de Jupiter dans les conceptions religieuses d’Eschyle. LOrettie comme Prumilhte, pourrait fournir beaucoup ; mais les exemples les plus frappants devraient être empruntés aux Suppliante t. Comme preuve de la domination universelle de Jupiter en même temps que du syncrétisme qu'admet la théologie .l’Eschyle, il y aurait particulièrement à citer les deux vers qu'on lit dans Clément d’Alexandrie (Virom., V, p. 603) : « Zeus est l'éther, Zeus est la terre, Zeus est le ciel : Zeus est tout et ce qui peut être au-dessus. •

la répression du mal par les dieux, et Eschyle, en le reproduisant, déploiera toute la sombre magnificence de son imagination. Mais en même temps il le complétera par l’expression de sa croyance particulière : à côté de la justice répressive il introduira la justice rémunératrice; l’hérédité du crime et de la responsabilité du mal appellera comme contre partie l’hérédité du bien et du bonheur qui prévaudra contre la prétendue envie des dieux : « Il est chez les mortels une antique parole, c’est que le bonheur d’un homme, parvenu à son comble, enfante et ne meurt pas sans postérité, c’est que d’une fortune prospère naît et grandit une insatiable afiliction. Moi seul, je me sépare des autres, et je dis : une impiété engendre dans la suite plusieurs actes semblables à celui dont ils proviennent; mais, dans les maisons fidèles à la justice, l'heureuse fécondité de la vertu perpétue le bien'. » Mais le vainqueur de Troie tombe à son tour victime d’un odieux complot. Le chœur acceptera-t-il sans réclamation un coup qui l’émeut profondément et qui abat son courage? Oui; sa confiante piété n’admet pas ces révoltes : il reconnaît au milieu de sa douleur les lois qui sanctionnent ce coup terrible; mais ce n’est pas seulement par résignation, c’est pour rappeler que ces memes lois condamnent les meurtriers, et il rend hommage à la puissance de Jupiter qui ne peut rien faire qui ne soit bien: i> Ab! hélas! ô Jupiter, auteur de toute action, cause suprême! Qu’y a-t-il en effet qui s’accomplisse pour les mortels sans la main do Jupiter? Qu y a-t-il dans tout ceci qui ne soit 1 œu-

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