I. Odyssée. XIX, 108. — 2. Iliade, XVI
ET D’MfiSIODE.
mièro par le rôle supérieur qui leur est altrilmé. C'est pour cela que, lorsqu'ils méritent d’être frappés, les • peuples le sont à leur suite : « Quidquid délirant reges, plectuntur Acliivi. » Par là le monde humain est soumis à une idée générale de gouvernement qui, sous des formes beaucoup moins arrêtées, offre un certain rapport avec le système religieux que Bossuet enseignait à notre dix-septième siècle.
Cependant, au-dessous de cette élite de l’humanité que forment les princes, Jupiter, par ses attributs moraux et sociaux, se met aussi en relation directe avec chacun des hommes en particulier. Il n’en est pas un qui ne se sente atteint par lui au fond de son âme dans les sentiments qui servent de mobiles à ses principales actions. Il est le père d’Até, la déesse qui égare les coupables; il est aussi celui du Repentir, qui peut racheter la faute, car « les dieux se laissent fléchir, » et de la Plainte, vengeresse des opprimés *. Dispensateur des biens et des maux, quoique la répartition se fasse en vertu d’une loi d’inégalité préjudiciable aux mortels*, il y introduit un principe de justice qui motive du moins le châtiment par le crime et qui parfois même va jusqu’à récompenser le bien. Ces deux idées sont surtout marquées dans 1 Odyssée.
Enfin Jupiter est le protecteur des droits sur lesquels reposent tous les rapports des hommes entre eux. Dieu suprême du serment et de la famille, il veille sur l’enceinte qui enclôt l’habitation de chacun; il est le patron des hôtes et des suppliants; il est celui des
1. Voy. l'allégorie des Prières et les vers qui précèdent, Iliade, IX, 497.