Iliade, XVII
ET DANS HÉSIODE
liment des joies de la vie tel qu’il pouvait exister chez ces princes barbares, celui des obligations que leur rang leur impose, et celui de l'honneur qui domine tout ?
« Glaucus, pourquoi sommes-nous les plus honorés en Lycie, pourquoi les places d’honneur, les viandes et les coupes pleines sont-elles pour nous avant tous les autres, et le peuple nous contemple-t-il comme des dieux ? Pourquoi possédons-nous sur les bords élevés du Xanthe un beau domaine, riche en plantations et en champs de blé. Il nous faut donc maintenant nous tenir au premier rang parmi les Lyciens et braver le feu de la bataille, afin que les Lyciens à la solide cuirasse puissent dire : ce ne sont pas des princes sans gloire qui tiennent le sceptre dans la Lycie et pour qui nous réservons nos grasses brebis et notre vin le plus doux; mais ils ont aussi de la force et de l’énergie, car ils combattent au premier rang des Lyciens. O mon ami, si, après avoir survécu à cette guerre, nous devions échapper éternellement à la vieillesse et à la mort, ni moi-mêine je ne combattrais parmi les premiers, ni je ne te pousserais dans les combats glorieux; mais au-dessus de nos tètes sont mille morts que nul mortel ne peut fuir ni éviter : marchons donc, et faisons la gloire de quelque ennemi, ou qu’il fasse la nôtre1. «
Cette noblesse d'âme raisonnée finit par s’élever presque à l’accent de Pindare, le chantre magnifique de la gloire* : « Les grands périls ne sont pas pour l'homme faible. Mais, puisque c’est une nécessité de