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ET DANS HÉSIODE
célèbre une fête en ce jour de vengeance. Le sage Ulysse le sait bien; aussi, après sa victoire, réprimet-il autour de lui, comme une impiété, tout éclat de joie. Ce passage est d’une sublime beauté. La vieille nourrice, Euryclée, qui avait été enfermée pendant le combat avec les autres femmes, arrive, mandée par Ulysse :
« Elle le trouva au milieu des cadavres, souillé de sang et de poussière, semblable à un lion qui s’avance nouvellement repu de la chair d’un bœuf qui parquait dans la campagne : toute sa poitrine et ses joues sont ensanglantées, et son aspect est horrible; ainsi les bras et les jambes d’Ulysse étaient inondées d’une boue sanglante. Elle, à la vue de tous ces cadavres et de ce carnage immense, allait éclater en cris d’allégresse, car elle voyait accomplie une grande action; mais Ulysse l’arrêta et contint son envie en lui adressant ces paroles ailées : « Vieille, réjouis-toi en toi- « même et retiens tes cris : il est impie de se glorifier « sur des hommes tués. Ceux-ci ont été domptés par « la volonté fatale des dieux et par leurs actions mau- « vaises; car, parmi les hommes qui s’approchaient <> d’eux, ils n’en respectaient aucun, qu’il fût d’hum- « ble ou de noble origine. Ce sont donc leurs méfaits « qui leur ont attiré cette mort affreuse » Et aus-
sitôt il ordonne avec calme le supplice atroce des femmes impudiques qui ont outragé par leurs désordres la sainteté du foyer de Pénélope*.
L’élévation de ces belles paroles ressort singulièrement au milieu de scènes d’une barbarie sauvage. On