‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 60 sur 205 · Geel cl Th. Beigk · texte numérisé non relu

Geel cl Th. Beigk

178 DU PROGRÈS DES QUALITÉS DRAMATIQUES sembla qu’elle voyait venir un dragon, la tête couronnée de sang, qui tout à coup se transformant, fit paraître à ses yeux le roi descendant de Plisthène. »

Quant à la peinture des caractères et des passions, nous n’avons aucun indice. La Clytemnestre audacieuse et le lâche Égisthe sont probablement des créations d'Eschyle. La seule chose certaine, c’est qu’un poète d’une pareille époque et d’une pareille renommée n’avait pu manquer de rendre énergiquement le pathétique de ces luttes poignantes et de ces terribles scènes.

La gravité et le sublime qu'Ilorace1 et Pline l’Ancien 5 admirent en lui, se montraient assurément dans un tel sujet : on y remarquait sans doute aussi l'éclat, la passion, ce Ilot abondant et impétueux, qui, au jugement des anciens, égalaient presque ses œuvres à celles de Pindare. On conçoit que les amples contours de ces longues strophes, dont il passait, au moins dans une partie du monde grec, pour avoir inventé les lois, aient pu contenir des tableaux d’un puissant effet. Peut-être une partie du premier chœur de ï Agamemnon d’Eschyle nous aiderait-elle à nous représenter ce que pouvaient être quelques-uns de ces récits, où le mouvement lyrique, tout en emportant comme dans un courant général le détail de l’exposition, donnait cependant aux scènes pathétiques toute leur valeur.

Je veux parler du passage où est raconté le sacrifice d’Iphigénie. C'est un morceau intraduisible, moins peut-être à cause des altérations du texte qu’à cause du caractère d’une narration qui accumule ou marque, sans arrêt ni repos, les traits sur lesquels le poète in-

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