‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 61 sur 205 · I. Odes, IV, 9, 8.— î. Hisl. nal., II · texte numérisé non relu

I. Odes, IV, 9, 8.— î. Hisl. nal., II

siste pour nous émouvoir et pour faire ressortir les idées dominantes de son drame. Les sombres prédictions de Calchas, le désespoir et l’ambition plus forte d’Agamemnon, l’attitude touchante d’Iphigénie portée au-dessus de l'autel « comme une chèvre » pur les sacrificateurs, les reproches muets de ses regards tandis qu un bâillon emprisonne ses lèvres, et l'impression de sa beauté : tous ces détails et d’autres encore passent rapidement sous nos yeu\, et cependant se détachent sur la trame du récit, pendant que l’unité d'un vaste et libre développement embrasse la succession des strophes. C’est une poésie tout à fait inconnue à nos poètes modernes; à plus forte raison se dissiperait-elle sous les allures de notre prose.

Dans le théâtre d Eschyle, si mutilé il est vrai par le temps, c’est le seul morceau lyrique où se rencontre une narration aussi suivie, aussi détaillée, aussi humaine. Il faudrait sans doute se ügurer les récits du poète d’Himèrc plus réguliers encore, plus graves, ayant quelque chose de cette magnificence sonore dont on voit tant d’exemples dans les descriptions non lyriques du même Eschyle, enfin, pour insister sur notre première observation, avec cette égalité de ton que remarquait en lui Denys d'Halicarnasse *, et qui lui faisait tenir le milieu entre l’ode et l’épopée.

La perte de ces poèmes de Stésichore est irréparable pour l’histoire des origines du drame grec : on y trouverait, pour ce qui concerne la fable, la véritable transition de l’épopée à la tragédie. Cette perte est loin d’ètre compensée pour nous par la possession du grand

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