‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 62 sur 205 · De comii. ter b · texte numérisé non relu

De comii. ter b

DU PROGRÈS DES QUALITÉS DRAMATIQUES récit sur l’expédition des Argonautes qui remplit presque en en lier la IV Pylhique de Pindare, le seul de cette étendue que nous offrent encore les rares monuments de la poésie lyrique. C'est cependant une œuvre magnifique, où se montre à un degré supérieur l’art de peindre et d’unir la grandeur morale ù la netteté et à la rapidité du dessin.

« Quelle nécessité enchaîna les Minyens au péril par des liens d’acier? Il avait été prédit que Pélias périrait par les mains ou par les conseils inévitables des fiers Éolides. Du centre de la mère qui porte les forêts sur son sein, était sorti un oracle qui avait glacé son cœur : sa vigilance devait se garder à tout prix de l'homme à l'unique brodequin, quand, étranger ou citoyen, il descendrait des étables élevées dans la chaude plaine de l’illustre Ioleos. Il vint avec le temps, cet homme; il vint, deux javelots à la main, merveilleux à voir : un double vêtement couvrait son corps; le vêtement national des Magnètes s’adaptait à ses membres admirables, et, par-dessus, une peau de panthère le protégeait contre les pluies pénétrantes, les boucles de sa brillante chevelure respectées par le fer, faisaient resplÜndir tout son dos 1 . «

Voilà comment Pindaie présente le héros de sa narration. Au jour marqué par le destin, Jason, quittant la caverne du Pélion où le Centaure l’a élevé à l'insu de tous, traverse l'Anaurus où il laisse l’une de ses chaussures, et apparaît tout à coup sur la place de sa ville natale, au milieu de la foule frappée d’admiration. L’éclat de sa jeunesse et de sa beauté, l’aisance et la

Page 1