‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 64 sur 205 · I . Vers 3V0 et suit · texte numérisé non relu

I . Vers 3V0 et suit

182 DU PROGRÈS I1ES QUALITÉS DRAMATIQUES charrue d'acier avec des bœufs dont les mâchoires fauves soufflaient des flammes ardentes et dont les sabots d’airain écrasaient le sol sous leurs pas; seul il les amena et les attela au joug, et d’une main ferme il traça des sillons en droite ligne : soulevant les mottes, le soc ouvrait le dos de la terre à la profondeur d’une brasse. Puis il dit : Que le roi qui commande à votre navire, accomplisse ce travail, et il emportera le prix immortel, la brillante toison d’où pendent en flocons des franges d'or. 11 parla ainsi : Jason rejette son manteau de safran, et, confiant dans la divinité, il tente l’entreprise; les flammes ne le troublent pas, grâce aux conseils de l’étrangère pour qui les plantes n’ont pas de secrets. Il tire à lui la charrue, \ assujettit le cou rebelle des bœufs, enfonce l’aiguillon douloureux dans leurs vastes flancs et, les tenant domptés sous sa forte main, il achève la tâche fixée : malgré sa douleur secrète, Æétès cria d’admiration, en voyant cette vigueur merveilleuse'. »

L’imagination ne peut demander davantage. Essayez de lire ensuite Apollonius de Rhodes, vous croiriez que ce poète de talent s’est proposé, par ses longues et minutieuses peintures, de faire ressortir la puissance descriptive du génie original de Pindare. Mais qu’est-ce que le drame pouvait tirer de ce chef-d’œuvre du grand poète thébain? Peu de chose. En effet, ce qui constitue le drame, ce ne sont pas de beaux tableaux, quelque frappants qu’ils soient, ni une suite de belles expressions, de quelque éclat qu’elles brillent; c’est la marche d’une action principale qui entraîne avec elle vers

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