‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 70 sur 205 · Voyez encore 171-17? et a'Ileurs · texte numérisé non relu

Voyez encore 171-17? et a'Ileurs

AU VI' SIÈCLE

à l’homme mauvais qu’elle ne doit plus compter pour rien*. »

Quant à la manière dont les dieux exercent ce gouvernement moral qui est si complètement dans leurs » mains, c’est d'après une pensée de justice que déterminent les limites imposées aux droits de l’homme par les lois naturelles de subordination. La divinité est donc juste, mais en même temps jalouse, cest-àdirc occupée à restreindre la part de bonheur et de liberté que l’homme est enclin à usurper.

Elle est juste, et l’impie prétendrait vainement nier une justice qui réserve pour le bien les faveurs durables et finit toujours par punir le mal ’. Elle est jalouse; Théognis accepte pleinement cette doctrine de l’envie des dieux, dont tous les points principaux se révèlent à nous aussi tôt que le génie grec et doivent toujours rester inhérents à la partie populaire de la religion hellénique. Le mot Némésis ne se l'encontre qu’une fois dans ses vers, mais l'idée qu’il exprime y est fréquente; on la reconnaît sous tous ces termes consacrés qui représenteront encore dans Pindare, dans les tragiques et même dans l’œuvre à la fois religieuse et réfléchie que composera un siècle plus tard le père de l’histoire, les causes morales des vicissitudes humaines et les règles ou les effets de nos actions : Pas d'excès (|M$èv etyov); Hybris, l’insolence qui franchit les limites; Koros, la satiété et l'enivrement; Kairos, le moment opportun, ce bien presque toujours méconnu par l’aveuglement ou la passion des mortels, dont la divinité sereine a seule la vue claire

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