I.A MORAI.E RELIGIEUSE DANS L’ÉLÉGIE
cl constante et qu elle dispense à son gré; Alé, le mal inévitable, que Théognis oppose tout simplement, sans le diviniser, à krrdos, le bien obtenu. 11 suit en cela l’exemple d’Hésiode1 dont il se souvient évidemment dans un passage où il montre les fautes attachées aux pas des mortels*. On pourrait citer enfin une série de mots par lesquels le poete a l'habitude d’exprimer dans sa généralité la notion du mal moral, et où se trouve contenue, à côté des idées d’égarement et de faiblesse, celle de la transgression des lois qui consacrent l’infériorité de l’homme par rapport aux dieux*.
Mais, autant que nous en pouvons juger par les fragments qui nous restent, ces idées n’avaient pas notablement gagné à passer par la bouche de Théognis. On les trouve auparavant dans Solon avec une gravité et une grandeur qui rappellent à la fois malgré la différence du mètre, Hésiode et Homère :
a Brillantes filles de Mnémosyne et de Jupiter olympien, muses Piérides, écoutez ma prière. Faites que les dieux bienheureux m’accordent la prospérité et que tous les hommes aient toujours de moi une opinion favorable, que je sois doux à mes amis et amer à mes ennemis, que ma vue inspire aux premiers le respect et la crainte aux seconds. Je souhaite de posséder l’opulence, mais je ne veux pas l’acquérir injustement: à la suite, de toute façon, arrive la justice. La richesse que donnent les dieux reste auprès de l’homme, c’est un bien solide depuis Ha base jusqu’au sommet. Celle