‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 77 sur 205 · I.'ORI’HISME · texte numérisé non relu

I.'ORI’HISME

offrandes et des repas funèbres, soit à des jours plus ou moins rapprochés des funérailles, soit aux anniversaires. Un détail montre bien dans sa naïveté originelle la pensée qui préside à ce culte : on creuse le sol auprès du tombeau et l’on y verse la libation, afin qu elle pénètre plus facilement jusqu’aux lèvres avides decelui qui habile désormais dans le sein de la terre. Ces usages remontaient chez les Grecs à la plus haute antiquité; ils ont un rapport évident avec le culte védique des Pit ris chez les Hindous. Ainsi se conservent des liens étroits entre les parents morts et les enfants vivants, et ainsi s’explique pour les premiers, le rôle de médiateurs entre les deux mondes. La puissance du père après la mort se manifestait surtout par les conséquences de l'dra (l'Imprécation). Les Grecs n’y reconnaissaient pas seulement l'action des Érinnyes ; ils croyaient que l’offensé poursuivait lui-même sa vengeance. C'est ainsi que Clytemnestre dans Eschyle ranime elle-même l'ardeur des Furies contre son lils parricide. Et les parents qui s étaient placés eux-mêmes par un parjure ou par quelque autre crime sous le coup d’une imprécation, y avaient mis en môme temps leur postérité.

Tel est, en effet, le singulier résultat de cette union perpétuée entre les pères et les enfants, les ancêtres et leur descendance : elle produit une solidarité qui enchaîne les diverses générations; la faute et la responsabilité sont héréditaires. Celte croyance, qui révolte nos idées de droit, est née cependant du sentiment de l'équité, si souvent offensé par le cours des événements de la vie. Conduit par cette antique conception de la famille, le Grec dépassa les limites de l’existence d'un

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