‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 78 sur 205 · ANTÉCÉDENTS DE 1,'OKPHIS.VIE · texte numérisé non relu

ANTÉCÉDENTS DE 1,'OKPHIS.VIE

individu pour chercher avant elle la cause de malheurs actuellement immérités ou pour trouver après 1 expiation de crimes actuellement impunis; puis il s’écria par la bouche des Sages : « A la fin vient toujours le triomphe de la justice1. » En définitive, malgré des troubles momentanés, l’ordre moral se rétablit, mais aux dépens de lindividu, qui est, comme on le voit, absorbé dans la famille et sacrifié à une nécessité supérieure. On dirait que le paganisme grec voulut, au moins dans les inscriptions funéraires, compenser cette sorte d’oppression, en élevant indistinctement au rang de héros tous les morts, tous ceux qui avaient passé par les épreuves et les fatigues de la vie : tel était, aeinble-t-i I, le sens de l’expression consacrée dès l’époque d’Homère pour désigner simplement les trépassés (oi xa|*dvT£?).

On sait comment, dans l’ordre politique et religieux, la Grèce étendit naturellement les idées essentielles de la famille à la tribu et à la cité. C'est par là que s'établit et se développa dans les villes le culte national de» héros proprement dits. Tiges des familles les plus illustres, ils devinrent les divinités communes des pays où ces familles dominaient; les peuples vénérèrent en eux leurs ancêtres, les représentants de leur gloire ou de leur noblesse, leurs patrons; et c’est ainsi que cette élite des morts obtint de plus grands honneurs que les autres et passa pour avoir plus de puissance.

Quelque idée qu’on se fît de leur existence à moitié divine, qu’ils fussent admis aux îles Fortunées ou dans la plaine Élysienne, ou bien qu’ils restassent dans les

Page 1