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DANS HOMÈRE
« C'est ainsi que les bienheureux immortels excitant les armées ennemies, les mirent aux prises et firent éclater entre eux-mêmes la discorde funeste. Du haut du ciel, le père des dieux et des hommes tonna d’une façon terrible ; du fond de la terre, Neptune en secoua l’immense surface avec les sommets ardus de ses montagnes : toutes les racines et toutes les cimes de l'Ida aux sources nombreuses étaient agitées, ainsi que la ville des Troyens et les vaisseaux des Grecs. La crainte saisit dans les enfers le souverain des morts, Aïdonée; il s’élança de son trône et cria, car il craignit qu’audessus de lui Neptune ne déchirât la terre par ses secousses et ne découvrît aux yeux des mortels et des immortels ces demeures effroyables, désolées par l’affreuse humidité des ténèbres, qui sont en horreur aux dieux.»
Ce merveilleux tableau, plus beau que les combats eux-mêmes des dieux, où le poète n’a pu que grandir jusqu’au gigantesque les détails ordinaires des luttes humaines, ne respire-t-il pas ce sentiment antique d’adoration pour la nature qui en révérait l’immensité, les forces infinies et les convulsions? Dans la puissante imagination d’Homère qui appelle de toute part * et concentre sur la scène de son poème tout ce qui, dans le temps comme dans l’espace, touche vivement les âmes, passe en ce moment, comme dans celle d’Hésiode, le souffle des souvenirs cosmogoniques. La querelle de ses dieux, déterminés et personnels, ramène les troubles de l’univers qui ont précédé leur règne, et les montre de nouveau unis aux éléments ou à la substance du monde dont ils sont sortis.
C’est donc la divine nature qui, au moment où le vieux poète s élève le plus haut, le pénètre et le remplit