‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 84 sur 205 · I . Pythiquc , VI , v. 80 et suiv · texte numérisé non relu

I . Pythiquc , VI , v. 80 et suiv

L’ORPHISME.

et comment elle le prépare au rôle de surveillant et de directeur des affaires humaines»

Mais le côté par lequel il est entré d’abord dans les mœurs religieuses des Grecs est précisément celui qu’ils semblent avoir considéré comme le plus essentiel à sa divinité: primitivement ils l'ont surtout adoré comme le dieu de la lumière radieuse, de la sérénité, dans l’ordre physique et dans l’ordre moral, car cette dernière idée s’est naturellement unie à la première, cl c est sans doute la raison pour laquelle ils lui ont particulièrement attribué le pouvoir purificateur. On conçoit que l’homme, agité par les remords, tourmenté du besoin de rejeter la souillure du mal, se soit adressé à celui qui lui paraissait la source de toute pureté. Ainsi se sont formés les mythes et les traditions sur Apollon expiateur et sur ses prêtres, certains rites de ses fêtes, les chants d’invocation et d’actions de grâces par lesquels était célébrée sa puissance secourable et qui portaient le nom de Péans. Ainsi, par une conséquence des antiques idées qui, dans la religion de l’expiatiun, comprenaient également et rapprochaient entre eux les vivants et les morts, son action s’étendit sur ce qui paraissait le plus opposé à sa nature, sur le monde infernal. 11 était mis d’ailleurs en relation nécessaire avec ce monde par ses fonctions prophétiques.

Le sanctuaire où sa divinité rayonnait avec le plus d’éclat, était celui qui présentait la réunion la plus frappante de ces attributions morales et mystérieuses. Delphes, d'où il dictait ses oracles à tout l’univers, honorait particulièrement en lui le dieu pur qui sait les lois de la vie et de la mort et en règle l’harmonii;.

ANTÉCÉDENTS DE D'ORPHISME.

le dieu-prophète qui connaît l’avenir et le prépare selon les desseins supérieurs qui déterminent souverainement le cours de toutes choses. C est à Delphes que son rôle dans la religion des morts et ses rapports avec les Enfers sont le plus marqués. Par là il y devient pour tous les Grecs une divinité nationale de la patrie, a Apollon Delphien, dit Platon *, préside à la législation la plus grande, la plus belle, la première de toutes... il règle les fondations de temples, les sacrifices, le culte rendu aux dieux, aux démons et aux héros, la sépulture des morts et tous les hommages par lesquels on se concilie leur bienveillance. Les lois de cette nature, nous ne les savons pas par nousmêmes, et, en fondant une cité, nous ferons sagement de n’en demander l’explication qu’à celui-là seul que la tradition de nos pères reconnaît comme leur interprète : car c’est bien ce dieu qui pour tous les hommes est l'interprète consacré de ces sortes de questions, qu’il leur explique assis sur l’Omphalos, au centre de la terre. »

Il était impossible qu’il fût investi de la puissance fatidique sans entrer en communication avec les divinités Chthoniennes. D’après l'antique croyance, exprimée par Homère et par Hésiode, c’était au plus profond des entrailles de la terre, aux racines du monde, que résidaient les lois immuables qui en régissaient le développement : c’était donc de là que sortait la science de l’avenir. L’observation des phénomènes naturels fut aussi pour une part dans cette idée. L’action produite sur le cerveau par les exhalaisons de

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