‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 85 sur 205 · Btpubl., IV, p · texte numérisé non relu

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certaines cavernes passa pour un effet de l’inspiration terrestre: le sol s 'entrouvrait pour laisser passer le souille de Géa, la vénérable divinité. Au témoignage de Strabon la Pythie de Delphes était soumise à un effet de cette nature : « Au-dessus de l’ouverture de l’antre est un trépied élevé. La Pythie y monte, et pénétrée par la vapeur, elle prononce des prédictions. » Ce trépied lui-même était orné de la ligure du serpent, symbole de la vertu mystérieuse et productrice de la terre, comme le prouvent les représentations anciennes des Géants, d’Érichthonius, la légende de Cadmus, l'attribut d’Esculape, et d’autres faits mythologiques.

Les sources, cette autre forme des émanations de la terre, passaient aussi pour produire le délire et l’inspiration. C’est ce qui explique l’expression possédé par les nymphes, qui s’employait pour désigner un frénétique. De là vient aussi la fonction des Muses, ces nymphes privilégiées, qui, des fontaines de Pimpléis et de Libéthra au pied de l’Olympe, s’élèvent jusqu’au sommet de la montagne divine pour former le chœur d’Apollon, quand il charme avec sa lyre les banquets des immortels. A Delphes, la fontaine Castalie et la fontaine Cassotis leur étaient consacrées. La Pythie buvait de l'eau de la première, et le courant de la seconde dans un parcours souterrain passait sous le temple du dieu avant de reparaître à la lumière auprès du sanctuaire des Muses. Il servait aux libations du grand culte de Delphes*. Ces rites et ces circonstances montrent bien à quel ordre d’idées se ratta-

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