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264 ANTÉCÉDENTS DE L’ORPHISHE.
trouver le chemin des cœurs, en parlant à l’homme
de sa place dans le monde et de sa destinée.
Cependant ses essais de propagande ne réussirent jamais complètement. Quelque soin qu’il prît de rattacher ses mythes aux mythes traditionnels de la religion etde séduire par là l'imagination de la foule, il ne pouvait lutter avec les créations libres et naturelles de la foi poétique des anciens âges. Il savait trop où il voulait aller; l’abus de l’allégorie devait nécessairement refroidir ses compositions : il en bannissait sans doute ce sentiment de la vie inégale, passionnée, complexe qui seul anime les fictions de l’art. Si nous possédions encore les plus anciens poèmes des Orphiques, il est probable que certaines parties des hymnes seulement satisferaient notre goût littéraire. Aussi ces portes restèrent-ils, en dépit de leurs efforts, des portes de sanctuaire : ils n’entrèrent pas directement dans le grand courant des croyances et de la poésie populaires. Si l’on voulait trouver l’expression vraiment poétique et littéraire de l'Orphisme, il la faudrait chercher dans les œuvres d’hommes qui, sans lui appartenir par les liens de l’initiation, se mirent nécessairement en rapport avec lui par la hauteur de leur intelligence et par le tour à la fois spéculatif et religieux de leur esprit. Ces hommes, tout en ne prenant que ce qui convenait à leur libre génie, puisèrent cependant à cette source une véritable inspiration. Ce fut en s'attachant à ce qui faisait les deux objets principaux des spéculations orphiques, l’explication du monde et l’explication de la destinée humaine. Comme il était naturel, ils se montrèrent surtout préoccupés du second problème et de la solution qu'on leur en offrait.