‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 94 sur 205 · INFLUENCE DES IDÉES ORPHIQUES SUR LE TLMPS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES IDÉES ORPHIQUES SUR LE TLMPS

Ce qu'était le Temps dans Hésiode.— Ce qu’il devient dans l’Orphisme. — Ce qu'il est après l’Orphisme dans les puctes. — Comment la sagesse de l'esprit grec limite le développement de l’idée du Temps. Elle le subordonne à la conception de l'harmonie. Ce lait [trouvé même par le système d’Héraclite. — Pour les Grecs en général, le Temps se restreint et se détermine le plus communément par l'idée de Katros (l’opportunité.)

Tâchons d’abord de marquer quelle extension axait pu être donnée par les Orphiques au rôle qu’llésiode avait déjà attribué au Temps dans sa cosmogonie.

Les grandes images sous lesquelles le développement des choses s était représenté à l csprit du vieux poêle, nous laissent reconnaître la conception un peu vague d un progrès incomplet, où le bien est encore trop mêlé de mal, accompli au second âge du monde par la force à demi aveugle du Temps. Le premier âge, c’est le règne de l’espace et de la matière, d’Uranus et de Géa, dans lequel commence à s’agiter pour former la substance où elle s'exercera, l’énergie encore déréglée des éléments producteurs. Uranus, dans sa

brutalité insensible, refoulait, à mesure qu ils arrivaient à la lumière, les principes les plus puissants de la création : il les replongeait dans le sein de Géa qui gémissait étouffée par la masse de ces êtres immenses à cinquante têtes et à cent bras. Elle se vengea en suscitant contre lui l’audace du plus jeune et du plus rusé de ses fils, Cronos ou le Temps. Elle le plaça en embuscade, après l'avoir armé de la harpe de fer, dont elle avait produit la matière pour l’accomplissement de ce dessein. « Lorsque arriva le grand Uranus amenant la Nuit à sa suite, lorsqu’il se fut approché de Géa plein d’un désir amoureux et qu’il s’étendit sur toute sa surface, Cronos avança la main gauche, de la droite il saisit la monstrueuse harpé, longue, hérissée de dents terribles , il coupa rapidement les parties génitales de son père et les jeta avec force derrière lui. » Dans les premiers vers quelle peinture de, rapproche de la nuit, de ce mystérieux spectacle où le ciel semble en effet descendre vers la terre et s’unir à elle! L’imagination de la Grèce primitive \ voyait un immense embrassement.

Ainsi Uranus est réduit à f impuissance; l’œuvre de la formation du monde qu’il avait prétendu entraver est soustraite à son action. Elle se continue par un grand progrès; car ses organes génitaux, symbole de la force créatrice, emportés à travers l’espace, tombent dans les flots de la mer, dans les eaux, qui sont elles-mêmes l’emblème du mouvement, de la succession des choses, de la durée, et qui se personnifient dans Rhéa', l’épouse de Cronos. Ces deux nouveaux maîtres

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