‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 96 sur 205 · Plutarque, de Exil · texte numérisé non relu

Plutarque, de Exil

INFLUENCE I)E I.’ORPHISME.

ramener cps lois à leur principe, on peut dire qu elles sont constituées par l’action régulière du feu qui est l’activité et la subtilité même, la source de toute vie. Tout vient du feu par la condensation; tout y va, dans des périodes déterminées, par l’évaporation : c est la roule en bus et la route en haut. La nature, constamment soumise à une alternative de vide et de replétion, de besoin et de satiété, se maintient en équilibre par la continuité de celle action du feu.

En agissant ainsi dans un double sens, la même cause produit les effets les plus opposés; mais de cette opposition naît l’harmonie. A chaque instant dans le monde les contraires se rencontrent et se heurtent; mais cette rencontre et ce choc sont féconds autant que nécessaires. « Lorsque Homère souhait»! que la discorde disparaisse anéantie du milieu des hommes et des dieux, il ne voit pas que cette imprécation atteint l’origine même de toutes choses, qui naissent de la lutte et de l anthipathie. La guerre est la mère, la reine, la souveraine maîtresse de l’univers. Zens n’est autre que la guerre » C’est »jue les contraires, loin de se détruire, s’engendrent réciproquement. Leur opposition n’est donc qu’apparente : comme ils concourent à la même oeuvre, il est juste en un sens de les réunir et de les confondre. « Le jour et la nuit, l’hiver <!t l’été, la guerre et la paix, la satiété et la faim ne se distinguent pas dans leur essence divine. » La forme seule et la condition changent. « La vie et la mort, la veille et le sommeil, la jeunesse et la vieillesse sont la meme chose : une alternance répétée

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