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comités révolutionnaires (1), averti que la Convention discutait une loi sur l'arrestation des étrangers, avait envoyé deux commissaires au Comité des décrets pour lever celui qui allait être rendu (2). Le même jour, le maire Pache invitait les comités à le mettre de suite à exécution en arrêtant d'abord les plus suspects.
Certains commencèrent leurs opérations le jour même, comme celui de la section de l'Observatoire, ou celui de la section des Champs-Elysées, qui avait déjà dressé une liste avant que le décret fût voté ; lorsqu'il reçut la lettre du maire, le lendemain à 6 heures du matin, bien des arrestations étaient déjà opérées (3). Le Comité de Sûreté générale ne resta pas, lui non plus, inactif. Le 1% août il ordonna d'arrêter, au besoin « par la force publique et même pendant la nuit, si le cas y échet », l'anglais Mitchell, qui se disait membre du parlement de Westminster et avait été le 24 juillet sommé de quitter la France (4).
Dans certains départements comme le Pas-de-Calais, la loi fut exécutée littéralement, et tous les étrangers internés. Mais, dans la plupart, elle ne fut appliquée que partiellement, et on n'arrêta pas ou on libéra ceux qui n'étaient pas supects pour d’autres rai- Sons, Au surplus, la loi n'était pas publiée, et on attendait les exceptions que la Convention était dans l'intention d'y apporter.
À Paris notamment, la plupart des sujets ennemis, CoMmMe certains banquiers qui avaient de hautes relations, ne furent pas inquiétés, quoique la conduite de certains d'entre eux eût pu paraître suspecte. Il en fut ainsi par exemple pour Boyd, Proly, Walckiers, quoique ces deux derniers eussent été très attaqués, surtout par Marat, et accusés d’être les agents de l'Autriche (5).
(1) Plus tard, les comités des sections se pourtant légère, du Comité de surveillance de Paris.
(2).Archives Nationales BB3 811.
(3) Archives Nationales F7 4.777.
(4) Archives Nationales, registre AF II 988.
(5} Proly avait été avec deux de ses amis, Dubuisson et Péreira, le confident des. projets contre-révolutionnaires de Dumouriez. Ils étaient venus les dénoncer aw
couèrent le plus possible la tutelle, 6 (ou de salut public) au département
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Gusman, qui avait été remis en liberté en juin, ne vit apposer les. scellés chez lui que le 29 août, et encore parce qu'il avait été dénoncé par les Frey. Ceux-ci, nous l'avons vu, étaient arrivés en France au moment de la déclaration de guerre. Cautionnés par le patriote Charles Laveaux, président du club de Strasbourg, et. par le général jacobin Charles de Hesse, ils étaient venus participer à Paris à la journée du 10 août. Installés dans un bel hôtel, rue d'Anjou Saint-Honoré, ils n'y fréquentent que de bons sansculottes, ils tiennent table ouverte, sont les amis de Chabot, de Bentabole, de Fabre d’Eglantine, et offrent leurs services à Lebrun et à Deforgues.
Il n’est pas étonnant que d'aussi puissants personnages n'aient pas été inquiétés après le 1% août, bien que leur fortune rapide et leurs libéralités eussent pu faire naître les soupçons : ils avaient de trop bons répondants. Néanmoins le décret les mit sur leurs 8ardes, et Junius Frey offrit aux Jacobins deux écrits patriotiques : « Les aventures du Père Nicaise ou l'antifédéralisme » et « La philosophie sociale ».
Walckiers aussi prit peur : le 21 avril, on avait déjà perquisitionné au domicile de sa sœur, chez laquelle il descendait souvent. Au lendemain du décret, il offrit au district de Noyon deux beaux chevaux, sa récolte de foin, les grilles de son château pour fabriquer des piques (1). Le banquier Perregaux, non plus, ne fut pas poursuivi. Il avait été chargé par Bouchotte, en mai 1793, d'ouvrir des crédits aux agents du ministère de la guerre pour acheter des armes, et avait cautionné les achats pour 600.000 livres : le gouvernement avait besoin de lui.
Vandenyver, père et fils, avaient été arrêtés et conduits à la
ministère à Paris, mais leur réputation était Si mauvaise qu’on les mit tout d’abord en arrestation. Puis, après la trahison de Dumouriez, la Convention: déclara qu'ils avaient bien mérité de la Patrie, le 6 avril; et, le 11, elle leva la garde placée auprès d’eux « pour leur sûreté ». A. Mathiez : La Révolution et: les étrangers, p. 104.
(1) La Convention décerna pour ce fait la mention civique à Wailckiers dans sa séance du 24 août.
Force. Le 3 août, le Comité de Süreté générale décréta qu'ils seraient désormais gardés chez eux par deux gendarmes, et qu’on procéderait à un inventaire de leurs papiers après levée des scellés. Comme rien de suspect ne fut trouvé, le Comité ordonna le lendemain de leur rendre la liberté (1). D'ailleurs, ainsi que nous l'avons
vu, les comités ordonnaient beaucoup de mises en liberté provi-
soire, en prévision des exceptions qui devaient être apportées à la loi.
De ce fait, la loi du 1° août ne fut pas appliquée littéralement. Néanmoins c'était déjà une mesure de représailles sévère, la première de celles que la France républicaine fut amenée à prendre pour sa défense. Elle ne visait encore que les personnes, mais la défiance qu'’inspiraient les étrangers et surtout les sujets des puissances ennemies était trop forte pour que l’on s'en tint là. Devaiton les laisser en paix jouir de leur fortune dont ils se servaient pour alimenter leurs complots ? Le séquestre de tous leurs biens était dans la logique de la situation.
(1) Archives Nationales, registre AF II 988.