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doivent l'emporter sur toute autre considération. Hassenfratz déclare que, si le ministère anglais séquestre les biens des Fran-
çais par représailles, cela ne Pourra nuire qu’à quelques aristo-
4 crates, et qu’il faut exécuter le décret du 7. Chabot se sent visé
compromis dans un plan d’agiotage, et il tente alors d’expliquer sa conduite. Après une discussion longue et passionnée, - On décide d’aller le lendemain demander à la Convention de remettre en vigueur le décret du Là Une nombreuse députation de la Société se présente donc le 1% septembre à la barre de l’Assemblée, conduite par Lullier, qui expose sa demande en termes sévères. « Je ne viens plus, dit-il, comme au 31 mai, vous dénoncer des ConSpirateurs. Je viens au contraire vous mettre en garde contre vos propres erreurs. Vous avez rendu le 7 de ce mois un décret qui assurait la liberté ; par ce décret immortel, vous éténdiez aux Anglais les mesures prises déjà contre les Espagnols. Vous l'avez renvoyé au Comité des finances Pour en organiser le mode ; votre comité s’est permis de raisonner le décret, tous les intrigants ont assiégé ses séances. D'après leurs insinuations, vous avez révoqué ce décret ».
Lullier conclut en demandant le rapport de la décision prise la veille, décision qui est le chemin le plus court vers la contre- È Révolution. « Il est temps de rompre avec tous nos ennemis. Vous avez déclaré Pitt ennemi de l'humanité. Délivrez nous de l'influence de son or Corrupteur. Qu'un désert immense nous sépare des ennemis de notre liberté ». Au point de vue économique, il s'élevait d’ailleurs contre la thèse de ceux qui prétendaient que la balance commerciale se trouvait à l’avantage de la France. « Quel est donc l’homme assez ennemi de son pays, disait-il, pour oser assurer que la balance du commerce est à notre avantage, quand le change est à plus de 200 % de perte ? » (1).
({} On peut remarquer que cet argument est faux en matière financière, et confond balance du commerce et balance des comptes. Des exemples récents l’ont montré suffisamment, mais Lullier était excusable de ne pas avoir cette expérience.
par Certaines allégations de Dufourny, qui parle de députés
Il demandait en conséquence de compléter la mesure du séquestre par l'interdiction de commercer avec l'Angleterre. La pétition des Jacobins fut appuyée par Garnier de Saintes, qui,
écartant toute préoccupation commerciale, déclara : « Il faut l’ap-.
prendre à nos commerçants, que nous pouvons nous passer d’eux et nous borner à notre terre. Nous les réduirons plutôt à l’étroit nécessaire, s’il le faut, pour consolider notre liberté. Voyez les Romains, ils n'étaient pas commerçants, et bien ils ont détruit Carthage ! Londres est Carthage pour nous ». Il terminait en demandant le renvoi de la proposition au Comité de Salut public, pour en faire un rapport séance tenante. Chabot, qui lui succède à la tribune, demande aussi que le Comité fasse un rapport, mais il s'oppose à la discussion immédiate : « Nous ne devons pas faire de décrets pour les rapporter le lendemain et rapporter ensuite le rapport. Il faut que cette question soit profondément méditée ». Il proposait donc le renvoi au Comité, et l’ajournement de la discussion, ce qui fut décrété.
La question fut sans doute profondément méditée, comme Cha-
bot le demandait, puisque ce n’est que le 30 septembre que la dis-.
cussion fut reprise devant la Convention (1). L'Assemblée entendit alors, au nom des Comités du commerce, de Salut public, des finances, et de la commission des Cinq, un: long rapport de Joseph Delaunay, député d'Angers. La question y était traitée complètement, sous ses diverses aspects, moral, juridique, économique et politique.
« Les dettes commerciales, disait-il, ne sont le résultat d'aucun