‹ Le Sérapéum de MemphisChapitre 26 sur 73 · Denkm,, III · texte numérisé non relu

Denkm,, III

2. On trouve dans le pfotocole royal les titres suivants (Denhm,, III, 110) :

SouTeN KHeV NeTeR HeN ATe eN HeR. . . K& eM A*»KH .... eM lUNew eM MouRA*

Le roi, le premier prophète d' Horus, qui est élevé dans la montagne en son nom de Moura

solaire (midi)

/VWVAA fV Q

eNTi eM A«TcN

qui est dans le disque.

Le caractère çO^ est celui qui entre dans la composition du nom propre ^^^ ^^ HeR eM ,

transcrit par les Grecs "Apixay iç. (Cf. Letronne, Inscr. gr. de VÉg., grand Sphinx de Gyseh, t. II, p. 460, 470.) 3. DenJb»., III, 110. Soleb.

pas les formes efféminées auxquelles les bas-reliefs d'El-Amama nous ont habitués ;

j'hésite enfin à écrire

b ien que trè s régulier,

( Q '^ "^ 1 ordinaire, l 'o'P

qu'on n'a jamais trouvé, et même ( ^^û ^^ 1 qui, n'a pas encore été rencontré à la place du cartouche En un mot, s'il est permis de hasarder une opinion, je dirai que, tout disposé que je suis à ne pas m'étonner de voir les autres émettre un avis contraire, j'ai cependant beaucoup de peine à identifier le cartouche de notre fig. 7 avec le second nom d'Aménophis IV, et qu'au contraire je me sens très porté à y reconnaître celui d'un roi nouveau.

Ceci admis, quel est ce roi nouveau? Peut-être doit-on lire t^r c'est-à-dire le

pas une excep-

roi de la haute et de la basse Egypte, le fils du soleil, Téti, f ^ l'introduction dans le cartouche du titre royal ^^ le fils du soleil ne formant tion assez rare pour qu'on puisse la regarder comme impossible.

Téti serait donc, en définitive, le roi dont l'image a été gravée en tête de la stèle du Sérapéum, et si déjà la comparaison des listes et des monuments a permis d'identifier les deux 'A/svyépTjc^ que Manéthon, en leur qualité d'usurpateurs, a rejetés à la fin de la XVIII* dynastie, rien n'empêche que Téti ne soit celui-là même qu'à cOté de ces deux Achencherès l'Africain introduit sous le nom de'PaÔôc et Josèphe souB celui de 'Paôcoxic^

1. Akhenaten eut pour successeur un roi qui maintint, comme lui, Tadoration du disque rayonnant. Ce roi, dont nous n'avons qu'un b as-relief { Denkni,, III, 9 9), paraît avoir fait une courte apparition sur le trône.

Il se nommait ^\^ f^-f-^ îl ^^ f^UJ^^îl' ^* ^' ^^^° A^NKH KHePeRou, UJiU du SoleU sA^â KA'^RA* SeR KHePeliou. 11 sullit que la lecture du caractère A par A*â soit établie pour que l'identification du * Aa-ka-ra et du second Achencherès de Manéthon se présente à son tour avec un certain degré de certitude. J)éjà M. Bi rch j I^. place, 1. 1, p. ôô6) a transcrit par A*â ce même signe dans le nom du roi

Néphérités f "^^^^^^^^^^ qX I NA«IW A"à RouT, et dans celui du serpent Apophis. Mais cette transcription attendrait encore, je pense, des preuves décisives si les deux variantes |L.j^v3^^ ^ f f 'jjL^

et jLpfl ^^tf |Oj^Jw^^^) du cartouche de Néphérités (Stèles du Sérapéum) n'é£ablis8aient que la

pique, ainsi exprimée sur la première ^^L? n'était remplacée dans la deuxième par le terme aI^ que M. Bruosch (Oramm. démoi,) a déjà lu Aou. C'est ce qui résulte également de plusieurs transcriptions gi-ecques du papyrus gnostique de Leydc où 5£L * P^^'^ correspondant la voyelle Q. Voyez, entre autres, AVÛATONK et IAUAQ dans Bbugsch, Qramvi. démot., p. 80 et 173.

2. Le nom propre (I M^ a été porté, en souvenir de ce roi, par des individus appartenant à des familles

de la XVIII* dynastie, dont d'autres membres s'appelaient [1 ^ Amenltotep, A^^lJlJrj| Taïa,

i tli Jw Nofri't-èit, etc. (voyez suitout les deux stèles du Louvre, c. 82, c. 63 et c. 72, où une femme

s'appelle TeU), Il y a peu de familles royales qui ait plus que la XVIII* dynastie, fourni des noms propres aux simples particuliers, et j'ajouterai que sans les nombreux individus qui, à l'exemple du roi, se sont

appelés (J ST) (J t ^ -^'j la lecture du cartouche du phara on de ce no m ne serait paé aujourd'hui si certaine.

Peut-être le cartouche de la fig. 7 doit-il être transcrit { ^^TÛ \

Il reste une dernière difficulté à vider. Du moment où Horus est le fils d'Aménophis, et où, après la mort de son père, il aurait encore, d'après Manéthon, régné trente-six années, l'introduction d'un quatrième ou d'un cinquième roi au milieu de ceux qui sont déjà venus se placer entre les règnes de ces deux Pharaons, ne formeraitelle pas une opposition capable de nous forcer à rejeter de nos listes ce nouvel usurpateur? J'espère que l'on comprendra les motifs qui m'engagent à ne pas enti-er dans les détails de cette question, si semblable à celles qui nous ont déjà trop absorbés*. Je me bornerai donc à faire observer que cette difficulté est précisément celle contre laquelle j'ai déjà mis le lecteur en garde, et qu'effectivement l'arrivée du roi Téti ne peut que compliquer un problème que mille questions de détail, trop longues à présenter ici, rendent déjà très difficile à résoudre. — Maintenant les deux Achenchérès et Aï occupent-ils les seize ou dix-sept ans de lacune que les monuments placent entre l'an 11 et l'an 27 d'Aménophis III? en d'autres termes, ce dernier prince, peu de temps après cette même cérémonie où nous le voyons, dans la barque du disque trois fois gracieux^ ^ accomplir une cérémonie religieuse, se serait-il vu déposséder de son royaume par Akhenaten? Celui-ci aurait-il, après ses douze ans de règne, cédé la place à un autre prince de sa race qui passa rapidement sur le trône et eut pour successeur le roi Aï dont les quatre ans expireraient justement à l'an 27, c'est-àdire à l'époque où nous voyons les dates d'Aménophis III reparaître? Ces conjectures serviraient- elles à expliquer comment les derniers monuments d'Aménophis III ne sont pas martelés, comment les cartouches du roi ont été remis partout où Akhenaten les avait fait effacer, et comment le tombeau de ce même Aménophis, une fois bouleversé, a été recommencé et orné de légendes royales que nous retrouvons intactes? Bref, les deux Achenchérès et Aï sont -ils des usurpateurs qu' Aménophis ni, une fois vaincu par eux, renversa .à son tour, et Horus, à la mort de son père, n'auraif-il eu. pour compétiteur que son propre frère Amentouonkh? C'est là l'énigme de la XVIII^ dynastie, et les monuments ne nous en ont pas encore livré le mot.

En attendant, le doute où nous sommes sur la vraie place de Rathothis est toujours debout. Nous ne savons s'il fut un successeur d' Amentouonkh et d'Horus, ou un

1. On pardonnera, en faveur de la nouveauté, la longueur des développements auxquels nous sommes ici entraînés. Je me hâte de rassurer sur ce point les lecteurs, en les prévenant que les deux tiers au moins de nos Apis n'obtiendront qu'une mention de quelques mots.

2. v\ saQac (I ^^^^'^IIL Scarabée du Vatican (Roselldîi, Mon, êtor,, XLIV), daté de Tan 11 d'Aménophis IIL Voyez HiNCKS, J'rans. Roy, Ir. Acad,, t. XXXI, 1'" part., p. 7 ; Birch, On a rem, oljecL, p. 6.

quatrième adversaire d'Aménopliis III. Ce qui est certain, c'est qu'il appartient à la XVni^ dynastie, à la fin de laquelle je le place par approximation.

Le roi Téti n'a pas seulement, du reste, donné au Louvre la stèle dont l'interprétation a fait le sujet des remarques précédentes. Nous avons aussi de lui les grands canopes^ dont la fine gravure attire l'attention, et dont les quatre têtes humaines ont avec celles du roi Horus une ressemblance de style qu'il n'est pas inutile de faire remarquer.

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