XX- DYNASTIE. - NEUF APIS
Apis I (15), mort Tan 26 de Ramsés III.
Apis II (16), mort sous le Ramsés V de M. Bunsen.
Apis III (17), mort sons ' RamBéft -Si-Phtah. V'*«« »/ (^i. ifr *-- |aw^ .*/*) ^tv Apis IV (18), mort sous le Bomoèa V IH-de M. Bunsbh. x> Apis Y (19), mort sous le Ramsés XIV de Rosellini.
Apis VI (20), mort sous Ramsés XIV.
Apis VII (21), mort sous Ramsés XIV.
Apis VIII (22), mort sous Ramsés XIV.
Apis IX (23), mort sous Ramsés XIV.
Apis I, II, in, IV. Manéthon ne nous a conservé de la XX"* dynastie que le nombre des rois qui la composèrent, et le chiflfre de la durée totale de leur règne (12 rois, 135 ans selon l'Afric, 178, 172 selon Eus.), Nous en serions donc réduits sur cette famille royale aux conjectures auxquelles nous condamne habituellement le silence de Manéthon, si, par bonheur, nous ne trouvions un secours inespéré dans les monuments que cette époque nous a transmis.
H s'en faut cependant que ces monuments, si nombreux qu'ils soient, ne nous laissent ni difficultés à vaincre, ni problèmes à résoudre. Leur étude nous amène bien en présence de quelques rois qui sont de ceux dont l'histoire aime à garder le souvenir. Ramsès III (Hyk Poun) est un des grands conquérants dont s'enorgueillit l'Egypte, et les murailles de Médineh-Tabou témoignent de ses nombreuses victoires. Un autre Ramsès, le cinquième de la série, s'illustra au moins par son tombeau. Ramsès VIII ne nous est pas non plus inconnu, et les fouilles de 1853, pratiquées sur l'emplacement de Memphis, ont mis au jour des architraves immenses, des colonnes monolithes de quarante pieds de hauteur qui attestent la puissance de ce même roi, et le ressort qu'avaient encore conservé les Ramsès V et X dont ces monuments portent les cartouches. L'époque de ces Ramsès ne fat donc pas tout à fait une époque de décadence, et la pompe des tombes privées atteste au contraire que, sous leur règne, la prospérité publique fut loin d'être à son déclin. Mais mille questions de détail embarrassent et compliquent ces données générales. Outre que le nom de Ramsès fut commun à tous les rois qui composent la XX'' dynastie, il est probable que nous ne connaissons même pas encore tous les Ramsès qui régnèrent à cette époque, et l'ordre chronologique est si peu établi parmi ceux qui nous sont connus, que le Livre des Rois de M. Lepsius nous promet des arrangements nouveaux tout différents de ceux qui nous sont fournis par l'ouvrage de M. Bunsen.
Ce serait donc un service que la tombe d'Apis nous rendrait si la découverte des caveaux de la XX® dynastie apportait au débat quelque argument nouveau et décisif. Malheureusement nous n'en sommes pas là. Je ne dis rien des Apis I et II qui moururent, l'im en l'an 26 de Ramsès III, l'autre sous Ramsès V, et qui ne nous ont laissé que de passagers souvenirs de leur existence. Mais avec ApisIII surgissent des complications que rien ne devait faire prévoir. La tombe où cet Apis reposait fut en effet ornée par deux rois à la fois, ce que prouvent deux vases trouvés à leur place antique dans une niche inviolée, et placés l'un dans l'autre, de telle façon que le plus grand était revêtu de la légende d'un de ces deux rois (A), et que sur le plus petit
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étaient tracés les deux cartouches (B) de l'autre. Noti-e Apis serait-il mort à la fin du règne du premier, et aurait-il été enterré, soixante-dix jours après, au commencement du règne du second? ou bien les deux monarques exerçaient-ils ensemble le souverain pouvoir? Voilà déjà un premier problème. Mais le nom même de l'un de ces rois constitue un autre embarras. Ce nom (A) est-il celui d'un Famsès Si-Pktah qui parait ici pour la première fois? Quel est ce nouveau Ramsès? prend-il place avant ou après le Ramsès VIII (B) dont la légende orne le plus petit de ces deux vases? Nos incertitudes, comme on le voit, ne font qu'augmenter puisque, des deux rois qui semblent se présenter ensemble pour présider aux funérailles du même Apis, l'un est si inconnu que, jusqu'à la découverte de nos deux vases, nous n'avions jamais entendu parler de lui. L'obscurité qui environne la XX"^ dynastie n'est donc pas dissipée par la découverte des nouveaux monuments de cette famille royale. Ce qu'il y a de probable, c'est, en premier lieu, que Ramsès Si-Phtah précéda Ramsès VIII sur le trône, puisque ce dernier prince fit exécuter seul le caveau sépulcral de l'Apis suivant, et en second lieu, que Ramsès Si-Phtah associa au trône, avant sa mort, son successeur Ramsès VIII, supposition qu'autorisent suffisamment les divers exemples de cet usage déjà fournis par les monuments. Quant à la généalogie de ces princes, elle reste inconnue. Si Ramsès VIII est le petit-fils de Ramsès III ^ et s'il a succédé à son père Ramsès VI après la mort de ses oncles Ramsès IV, V et Vil, nous devons croire , ou que Ramsès Si-Phtah est un fils de Ramsès Vil , ou bien encore qu'il était le frère de Ramsès VIII et, dans tous les cas, petit-fils du conquérant qui occupe si glorieusement la tête de la XX'' dynastie*. Voilà les seuls résultats qu'on puisse présenter avec quelque vraisemblance, et je ne les crois pas de nature à augmenter beaucoup nos connaissances sur la dynastie dont les abréviateurs de Manéthon ont si mal à propos négligé de nous faire connaître les noms.
1. Voyez le tableau généalogique publié par M. Bunsen (EgypVa place, t. II, p. 672).
2. Si-Phtah ne peut être fils de Ramsès III, puisqu'on ne le trouve pas parmi les fils de ce roi au tableau de Médineh-Tabou. (Lepsiub, Denkm., III, 214.)
Du reste il ne faudrait pas qu'on prît les quatre Apis dont j'ai trouvé les traces entre les règnes de Ramsès ITT et de Ramsès VIII pour l'état général de tous les taureaux qui, pendant cette période, ont régné à Memphis. Je donne ces quati'e Apis pour les seuls que j'aie reconnus, et je ne doute pas que ces mêmes chambres construites par les Ramsès n'aient jadis reçu bien d'autres momies qui, dans les bouleversements successifs dont cette partie de la tombe a été l'objet, auront complètement disparu.
Apis V, VI, VII, VIII, IX. Nous continuons, dans ce paragraphe, la série de la même famille royale, mais cette fois avec des desiderata d'un autre genre. Je vais brièvement résumer la position de la question.
Si l'on étudie dans l'ouvi'age de M. Bunsen^ l'arrangement des rois de la XX® dynastie, on voit que la série ne se termine pas à notre Ramsès VIII, puisqu'au contraire après ce Pharaon se trouvent encore quatre autres Ramsès ses successeurs. Nous connaîtrions donc jusqu'à Ramsès XII inclusivement, et M. Bunsen n'est probablement pas bien sûr lui-même de ce chiflfre, puisqu'il ajoute entre parenthèses un treizième Ramsès dont le nom propre, toutefois, lui est inconnu.
Mais il paraîtrait, par les planches de M. Lepsius*, que l'ordre dynastique proposé par M. Bunsen est en quelques points contredit parles monuments, et qu'entre autres remaniements à faire aux listes, il faut reporter avant Ramsès VIII les Ramsès IX et XII; en sorte que la fin de la XX® dynastie, suivant l'auteur de la Chronologie, se composerait des trois rois que son savant compatriote a nommés Ramsès Vm, Ramsès X et Ramsès XI,
Or l'examen des bas-reliefs du grand édifice de Kamak et en particulier du temple de Khons, à Thèbes, nous transporte précisément au milieu de ces rois et nous montre que leur règne vit s'accomplir des événements qui, par leur enchaînement et le rang des personnages qui y prennent part, appartiennent au sujet que nous traitons en ce moment. Sous ces rois, en effet, se trama la conspiration sacerdotale qui amena la chute de la maison des Ramsès et la venue d'une dynastie nouvelle. Déjà , sous Ramsès VIII, une première tentative d'usurpation se reconnaît sur ces mêmes murailles où plusieurs grands prêtres d'Ammonra-sonther se sont représentés aux places où jusqu'alors nous n'avions l'habitude de rencontrer que des dieux et des rois^ Sous Ramsès X, les symptômes d'envahissement deviennent de plus en plus manifestes.