DenJfcw., III
Nos grands prêtres, à la vérité, sont morts ou ont disparn; mais leur succession, après un intervalle dont nous ne pouvons ici apprécier la durée, est recueillie par un autre personnage, nommé ^^^^^, Her-Hor et grand prêtre d'Ammon comme eux, lequel, prenant résolument la tête de la conspiration, poursuit avec tant de succès l'œuvre commencée par ses prédécesseurs que nous le voyons monter successivement tous les échelons du pouvoir, et qu'après Ramsès XI il apparaît tout à coup sur les monuments la tête ornée de la double couronne royale \ Ainsi la XX® dynastie s'éteignit sous une sorte de dodécarchie tout aussi réelle peut-être que celle qui précéda l'avènement de Psammitichus, et je rappelle ces circonstances pour mieux fixer l'attention sur une observation dont nous ferons tout à l'heure notre profit, à savoir que le roi f^^^^^^J? Amen-si Her-Hor (XXI° dynastie) était déjà vivant
sous Ramsès X, et que les tentatives d'usurpation des grands prêtres ont laissé sur les monuments des traces qui remontent jusqu'à Ramsès VIII.
Ceci expliqué, on comprendra la portée particulière des réflexions précédentes quand j'aurai dit que nos Apis V, VI, VII, VIII et IX, tous postérieurs à Ramsès VIII, moururent sous un Ramsès qui régna au moins trente-trois ans^ et qui n'est cependant aucun des Ramsès sous lesquels nous venons de voir se développer l'usurpation des grands prêtres. Où se place ce Ramsès nouveau? Évidemment ses trente-trois ans de règne nous empêchent de le mettre à la fin de la dynastie et après Ramsès X, qui lui-même a régné pendant au moins dix-sept ans^ D'un autre côté, la chambre qu'il fit creuser est certainement postérieure à celle de Ramsès VIII. En s'appuyant sur ces seules données, notre Ramsès, prenant sa place dans le vide plus ou moins large que nous avons déjà constaté entre Ramsès VIII et Ramsès X, serait donc à la fois le prédécesseur de l'un et le successeur de l'autre; et comme, dans les rares souvenirs que nous a légués son règne, nous n'apercevons aucune trace de l'influence exagérée des grands prêtres, nous devons croire que ce roi sut maîtriser les esprits et qu'il transmit à ses successeurs un trône que ceux-ci ne surent pas conserver intact.
Quant à son nom, il est, à de très légères différences près, celui du grand conquérant de la XIX® dynastie, c'est-à-dire Rarasès Méiamoun. M. Bunsen, qui n'a pas compris ce monarque dans ses listes, paraît l'avoir confondu avec son homonyme ; RosELLiNi, au contraire, en a fait un Ramsès XIV*. On voit dans quel sens ces deux