‹ Le Sérapéum de MemphisChapitre 39 sur 73 · Voy. Bunsen, EgypVa place, t. II, p · texte numérisé non relu

Voy. Bunsen, EgypVa place, t. II, p

2. Je transcris les paroles de M. Bunsen : Lepsius bas established the whole dynasty and their

names. At présent we merely give the pedigree as adjusted bi him, and ail the highest years of the reigns, and watt for his exposition, which may shortly he expected. {Egypfs place, t. Il, p. 690.)

3. Statue du Nil au Britîsh Mttseum, Lepsius, Ausvcahl, Taf. XV.

4. Voyez les inscriptions des canopes publiés par M. Lepsius, Denkm,, III, 2ô5.

fils cVOsorkon II connus par M. Bunsen, l'un, Scheschonk II (le prince Scheschonk du papyrus Denon) ne put pas être, comme le veut le savant allemand, le père de Takellothis I""', puisqu'après ce Scheschonk le sceptre passa dans une branche nouvelle de la famille; l'autre, au contraire, le prince Nimrot, est celui-là même qui eut pour fille la reine Keromania, laquelle paraît avoir, pendant quelque temps, occupé seule le trône \ avant que, par son mariage avec Takellothis I", elle ait donné naissance à Osorkon HE. Le tableau de la XXII'' dynastie présenté par M. Bunsen n'est donc pas fidèlement le résumé de nos connaissances tel que pouvaient nous le fournir les monuments avant la découverte du Sérapéum, et nous devons penser que, dans le chapitre de M. Bunsen consacré à cette famille royale, tout n'est pas de M. Lepsius autant qu'il semblerait l'être.

Maintenant nous arrivons aux monuments du Sérapéum. En quoi ces monuments nous permettent-ils de rectifier les idées émises par M. Bunsen? en quoi augmententils la somme des renseignements que nous possédions déjà sur la famille des Bubastites? C'est ce que nous allons voir.

Je n'ai pas retrouvé les premiers Apis de la XXIP dynastie. Les stèles qui auraient pu, à défaut des momies, nous en révéler l'existence, ont disparu à l'époque où le mauvais état du rocher obligea les Egyptiens à des travaux de consolidation qui nous ont privés de plus d'un monument précieux. Mais à partir d'Osorkon II jusqu'aux derniers Ptolémées, les Apis se suivent sans interruption notable, et on apprendra avec satisfaction, en ce qui regarde plus spécialement notre XXII^ dynastie, que le

1. C'est à cette reine que fut dédiée une des plus jolies statues de bronze que les musées égyptiens conservent et que nous possédons au Louvre. Cette statue représente la reine elle-même. Sur le devant se distinguent quelques lettres d'un texte où il est fait mention d'un prince Takelot et d'une invocation aux gens de Thèbes. Devant les pieds de la reine on lit une inscription qui, par la disposition et l'ensemble des phrases, rappelle d'une manière frappante la légende sculptée sur le beau vase d'albâtre d'Osorkon, usurpée par un membre de la famille Claudia. Kéromama a les deux cartouches et les titres honorifiques réservés aux seules personnes investies du pouvoir royal. Les deux cartouches, peu connus, sont ceux-ci :

M. Prisse {Revue archéol., t. II, p. 750), et plus récemment M. Lepsius (Denkm.j III, 256), ont publié les noms et qualités d'une autre princesse qui paraît appartenir à la même famille. Nous avons au Louvre une statuette funéraire ornée du nom de cette princesse, à laquelle il est peut-être impossible d'assigner exactement un rang au milieu des souverains de la XXII** dynastie.

158 APPEISDICE.

seul Sérapéum nous a rendu environ quatre-vingt-dix monuments de cette époque intéressante.

Or quelques-uns de ces monuments doivent attirer plus spécialement notre attention, soit parce qu'ils émanent directement de personnages de la famille royale du temps, soit parce qu'incidemment il y est question de ces mêmes personnages, de l'époque à laquelle ils vivaient et des liens de parenté qui les unissaient entre eux. Je demande la permission d'introduire au lecteur ces divers monuments qui jettent sur la dynastie des Scheschonk une lumière aussi nouvelle qu'inattendue. Je les ferai paraître à mesure que la nomenclature de nos Apis nous fournira l'occasion de les rencontrer.

Apis I". Il est mort l'an 23 d'Osorkon II, ce qui nous donne une date supérieure que nous n'avions pas jusqu'à présent. Ses funérailles furent célébrées par le roi Scheschonk II, alors qu'il n'était encore que prince royal et gouverneur de Memphis sous l'autorité de son père Osorkon H. Si nous nous en tenions aux seuls monuments étudiés avant la découverte du Sérapéum, il est évident que le prince Scheschonk aurait eu pour mère cette même Hès-en-Khev, épouse d'Osorkon II, et mère de la princesse ^ ^ ^ '^^^^^w T^ ^-het-her^ ^ dont le nom est gravé sur les beaux canopes

1. Ce nom propre est curieux à étudier. Le premier signe c>-<»-a est un caractère syllabique qui a ordinairement la valeur T'eS. (Birch, EgypVs place, t. I, p. 569.) Une bonne preuve de cette lecture se trouve sur le sarcophage du nommé Ookh-Méri au Louvre. On y a représenté sept éperviers à tête humaine, qui, suivant le livret (de Rouoé, Notice, D. 7), sont les dieux de la demeure des âmes. Le nom générique est écrit

T'eSeS, et il n'est pas sans intérêt de faire remarquer qu'avant le nom propre spécial à chacun de

ces animaux, l'appellation commune de T'eSeS a été répétée par le scribe avec toutes les variantes qu'il a pu réunir. C'est ainsi qu'on lit le premier T'eae», le deuxième T'eses, le troisième T'^eses, etc., dans les formes suivantes :

6 I î I MM fo]

!! 'k '.^ iï W h i

d'où l'on a les valeurs égales c*<»-a = A = ^^.^ =t s=3 = J*^ = T'eS. Les T'eses sont, du reste,

mentionnés au ch. VII du Rituel.

La deuxième partie du nom propre de notre princesse, écrite ici <^^ est distincte de la finale j^.

^^^ -Ai o' OOO'

ce qu'attestent les noms analogues Jh^ J) , T'eS-RA°-HeR, etc., où tient lieu de t^» .

— tf— I <ci> ooo CI I JTi^

D'autres stèles du Sérapéum écrivent le même nom ^ jhÛ^ a1, et il résulterait de cette

.—M— " ^ <:ii> ooo 'ill'

orthographe que Nj^ est égal à ^ . — Mais ^ est l'un des noms de la déesse Pascht à tête de lionne, celui que, vraisemblablement, on retrouve dans PetubasUa et dans le nom de Buboêtis, en copte noTTÛCkC^-, et en hébreu PibeseL II faudrait donc, comme M. Birch le propose, transcrire W par BA^ST, et le nom de la princesse se lirait : T'ea-Baat-her. J'avoue cependant que l'impossibilité de rencontrer (^^

écrit syllabiquement par l'S final constitue pour moi un doute, sinon sur la vraie prononciation de W ,

de la collection de M. Champion au Caire ^ Mais une statue du Sérapéum, représentant notre prince Scheschonk, nous apprend qu'il fut le fils d'une reine LJ ^^^ J Kéromama, inconnue jusqu'ici. Osorkon II eut donc deux femmes : l'une, Kéromama, qui, en l'an 23 du règne de son mari, avait déjà un fils assez âgé pour exercer les fonctions de la vice-royauté à Memphis; l'autre, Hes-en-Khev qui était sans aucun doute plus jeune que Kéromama, puisque sa fille T'es-bet-her épousa son propre neveu Takellothis, petit-fils de cette même Kéromama.

Apis II. Une grande dalle ornée des cartouches de Takellothis V% trouvée avec des stèles datées de l'an 14, m'a donné l'époque de la mort de cet Apis, sur lequel je ne puis fournir aucun autre renseignement.

Apis III. L'an 28 du règne de Scheschonk III fut l'année de I^, mort d'Apis III et celle de la naissance d'Apis IV. En cet an 28 nous nous trouvons en face de l'un des fils de la princesse T'es-bet-her, lequel à cette époque était |^|^^li ^ , SaR A^A"" eN MA^'T'ou, chef principal des soldats nommés Mafou^ et vint dans le Sérapéum faire une prière au dieu à l'occasion de la mort d'Apis. Ce petit-fils (par sa mère) d'Osorkon II se nommait n jl'^^' Pétisis, et il eut pour père un autre chef

au moins sur Tidcntité de ce groupe et de f^h^ . Je crois plutôt que si les stèles du Sérapéum donnent %^ ^^ pjj et ^ JM (\% comme deux variantes du même nom propre, nous devons y

voir, non pas une homophonie complète, mais une simple synonymie. Nous aurions alors W égal à %^ par le sena^ et non par le «m, et, tout en transcrivant BA°ST le premier de ces deux groupes, rien n'empêcherait de laisser au second sa valeur naturelle BeT(eT). Ce mot «^^ serait donc un autre nom de Pascht, celui que les Grecs ont écrit BtUo, et le nom tout entier se lirait 'reS-BeT-(eT)-HeR quand il est orthographié ' """î^'^*^ a^, et TeS-BA°ST-HeR quand il est orthographié ""^^ W^*^ a^- On

I du Sérapéum.

trouverait (* JbM riS, T'es-PA°KHT-HeR, que ce nom aurait la même signification. D'assez nom-

H I o ooo 'Iii'

breux exemples de ces variantes par synonymie se rencontrent dans les noms propres gravés sur les stèles

Quant aux preuves de la lecture BA°ST pour ^ , elles ressortent de la comparaison de ces trois variantes :

Ç^ ^ O (rodter^-c*. 126, 32)

TT

bv J ^^'^ jj ^W ® (^^®- Charles X, salle funéraire)

'S l\ ^^ ji '^ 1? '^ ^^"®' ^^*^^®^ ^» »*^^® funéraire) que je n'eusse pas remarquées sans doute si déjà, en parcourant ensemble les nouvelles livraisons de Touvrage de M. Shabpe, M. Bibch ne m'avait signalé la valeur S donnée au caractère H, dans un nom propre

que les inscriptions d'une statue du Musée britannique écrivent indifféremment 11 fl^, ou ^aF<z:>

J 1^, ou y?<==>^^f|^^» HeRBeS (Sharpe, Nouvelle série, pi. 44), d'où effectivement]] est égal

à . Cette lecture nouvelle de H assure la prononciation de notre W , en même temps qu'elle nous aide

à distinguer la valeur exacte des deux gpx)upes phonétiques fournis par les papyrus du Louvre. 1. Ils viennent d'être publiés par M. Lefsiub (Denkm,, III, 266).

des Mat' ou nommé Takellothis, fils lui-même du prince Scheschonk déjà cité plus haut, ce qui fait que Pétisis avait à la fois Osorkon II pour aïeul et pour bisaïeul. La princesse T'es-bet-her avait donc épousé, comme je l'ai annoncé, son neveu, c'est-àdire le fils de son frère Scheschonk. Quant à Pétisis, il s'allia à sa propre sœur ^^vQ f^, Ta-ari^ et en eut, selon la stèle à laquelle nous devons ces renseignements \ deux fils qui se nommèrent Takellothis et ^ T i ^'^^j Pef-pa-Bast" .

Comme on le voit, ces résultats nous mettent, en l'an 28 de Scheschonk III, à deux générations seulement du règne d'Osorkon H, et il ne faut pas oublier que la longueur du temps que représentent ces deux générations peut être d'autant plus raccourcie que notre Pétisis, quoique assez âgé déjà en l'an 28 pour avoir.des enfants revêtus de fonctions publiques, était assez jeune cependant pour que, 26 ans plus tard, il ait pu encore assister aux funérailles d'un autre Apis. Maintenant, à quoi ces deux générations correspondent-elles dans les listes royales? le calcul de la durée des règnes intermédiaires entre Osorkon II et Scheschonk III amène-t-il un parallélisme satisfaisant? La question a de l'intérêt, mais ne pourrait êti-e vidée qu'autant que nous connaîtrions la longueur exacte de ces règnes intermédiaires. Or nous n'avons même pas une date du règne de Scheschonk II, et Takellothis I", aussi bien qu'Osorkon III, ne nous a donné que ce que j'appelais tout à l'heure des limites supérieures, au delà desquelles rien n'empêche que leur règne ait pu encore se prolonger longtemps. On ne peut donc asseoir un calcul définitif sur ces bases fragiles, et le plus sûr sans doute est de s'en tenir aux probabilités, terrain sur lequel le problème a plus de chances d'être résolu. Ici effectivement nous arrivons sans trop d'efforts à construire un ensemble qu'à coup sûr une critique exigeante a le droit de répudier, mais que nous pouvons cependant accepter dans les limites que le silence des monuments et de Manéthon nous impose. Mettant ensemble les 28 ans déjà écoulés de Scheschonk III, les 11 ans d'Osorkon III, les 15 ans de Takellothis V\ et attribuant 12 années à Scheschonk II, c'est-à-dire la somme la plus élevée que les 23 ans de la stèle d'Osorkon II nous permettent de donner à ce Scheschonk sans dépasser les 36 ans des àX/vOC xpsiç de Manéthon, nous arrivons ainsi à un total de 66 ans pour

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