Aujourd'hui au Louvre
2. J'acquittais ainsi une dette de reconnaissance envers Tillustre compagnon de voyage de Champoluon. Je ne parlerai pas du rapport a T Académie des Inscriptions que le lecteur connaît déjà; mais je dois rappeler que c'est aux démarches personnelles de M. Lenormant auprès les ministres de Tlntérieur et de rinstruction publique, démarches auxquelles M. Yitet s'associa, que j'ai dû ma mission et que la science doit la découverte du Sérapéum. Cette même dette de reconnaissance que je paie ici à M. Lbnorxant, je la paierai plus tard à M. de Rouoé et à M. de Nievwebkebke, dont la bienveillante intervention aura bientôt une si décisive influence sur l'avenir des fouilles.
dj Le 16, le dromos a été attaqué à la fois par son extrémité est, c'est-à-dire du côté de la statue de Pindare, et par son extrémité ouest, c'est-à-dire du côté du pylône, aux deux lions (voy. pi. D, a, 6, c, d).
. Deux gros murs de pierre à hauteur d'appui bordent la voie dans toute sa longueur, à droite et à gauche (voy. pi. D, a, 6, c, d). Chacun de ces murs a 1"" 55 d'épaisseur sur une hauteur qui ne dépasse pas 1 mètre. Ils affectent ainsi la forme d'immenses mastabas^. Le dromos a dans sa longueur totale 85" 95. Il est dallé d'un bout à l'autre.
ej Les ouviîers ont été partagés en trois escouades. Les deux premières continuent à explorer les extrémités du dromos. La dernière est placée au milieu.
Les travaux de la première sont un peu lents, à cause du petit nombre d'hommes que nous pouvons y consacrer. A droite et à gauche du pylône commencent à se montrer les gros piliers carrés surmontés d'architraves monolithes qui forment l'enceinte. Sur le haut de cette sorte de barrière à claire -voie sont disposées, évidemment depuis les temps antiques, de nombreuses tables d'offrandes, souvenirs de visiteurs qui laissaient en quelque sorte leurs noms et leurs vœux à la porte d'un lieu dans lequel ils n'avaient pas le droit de pénétrer. Pausanias ne dit-il pas : «Le plus ancien des temples de Sérapis est à Memphîs. Pour celui-ci, il n'est »pas permis aux étrangers d'y entrer, et ses propres prêtres n'ont ce droit qu'après » avoir inhumé le bœuf Apis ^?» Parmi les tables d'offrandes, il en est une que je remarque particulièrement. Comme matière et comme travail, elle est évidemment d'origine égyptienne, et il n'est pas difficile de voir que, comme toutes les autres tables avec lesquelles elle a été trouvée, elle est contemporaine des dernières années de la XXX^ dynastie; mais une inscription en écriture phénicienne en décore un des côtés, ce qui en fait un monument à mettre soigneusement en sûreté ^
La seconde escouade est aux prises avec une couche de sable très épaisse et ne fait que peu de progrès. On déblaie patiemment le dromos, en partant de la statue de Pindare et en marchant vers l'ouest.
La troisième escouade, placée entre les deux autres, au milieu des dromos, obtient
1. Ce 8ont nos Arabes qui leur ont donné ce nom. Le nuutaha est une espèce de divan parfois construit en bois, plus souvent construit en pierre, qu'on trouve à rentrée des maisons égyptiennes et sur lequel on s'assied.