‹ Le Sérapéum de MemphisChapitre 44 sur 73 · Se rapporte à l'intronisation du dieu · texte numérisé non relu

Se rapporte à l'intronisation du dieu

^seigneur de justice, approuvé du Soleil, du fils du Soleil, de Vaimé d'Ammon, »SchescliOnk, le divin modérateur de Poun, le défunt, on a été cherchant ses beautés »(Api8 liiî-même) dans chaque endroit de JJ Egypte inférieure, et il fut trouvé à Hat- ^schat-avot, après que, pendant trois mois, on avait parcouru les vallées de la Haute- ^Egypte et les îles de la Ba^se-Egypte. — Il fut intronisé à Hat-Phtah-Ka (le temple »de Vulcaîn, très probablement le Hat des HdTac/oi d'Hérodote) auprès de son père ^Phtah, (le chef) de son Mur du Sud (quartier de Memphîs), par le chef supérieur *des ouvriers, le Sam du temple de Phtah, le chef principal des Maschouasch Pétisis, »fils (de son père) le chef supérieur des ouvriers, le Sam, le chef principal des Ma- *schouasch Takellothis, et (de sa mère) la royale fille (issue) du germe de son père ^quelle aime, T'es-bet-her, en Pan 28 et le i"" de Paophi. — La durée heureuse de >ce dieu a été de vingt-six ans.»

L'intérêt particulier de cette stèle saute aux yeux de chacun. Pikhaï est un roi inconnu qui paraît pour la première fois ici sur un monument égyptien, et l'empressement avec lequel nous devons l'accueillir est augmenté par la certitude que nous possédons de pouvoir sans eifort ranger ce nouveau venu à son rang chronologique, puisque nous savons que l'an 2 de son règne est séparé par un intervalle de vingtsix ans de l'an 28 de Schesclionk IIL Nos Apis aident donc à merveille à souder nos règnes les uns aux autres, et il n'est pas difficile de s'apercevoir que si Scheschonk III a régné une trentaine d'années, il y a place entre ce roi et Pikhaï pour un troisième monarque, qui sera le Takellothis II de M. Bunsen, lequel aura régné au plus pendant une période de vingt-deux ou vingt-trois ans. Conformément aux indications déjà founiies, les seules stèles du Sérapéum nous donnent par conséquent les moyens d'établir dans la XXIP dynastie trois points fixes autour desquels les différents rois de cette famille viennent se grouper avec une certitude suffisante. Osorkou II, comme gendre du roi Her-scha-sev et aïeul de Pétisis; Scheschonk III comme occupant le trône à l'époque oii les petits-fils d'Osorkon II exerçaient à Memphis des charges militaires; Pikhaï enfin comme régnant, à certain jour connu, après une année également connue de Scheschonk III, foraient trois jalons immobiles, séparés, d'une part par les règnes de Scheschonk II, de Takellothis P' et d'Osorkon III, et d'autre part par celui de Takellothis IL

Quant aux généalogies, nous n'y voyons rien qui modifie ce que nous avons appris plus haut. Notre stèle mentionne Pétisis, son père Takellothis et sa mère la royale fille T'es-bet-her. C'est ce que nous savions déjà, et nous ignorerions peut-être tou-

jours à quel tîh-e le nommé Harsiésis figure en tête de ce monument, si une autre stèle, de même date et de même style que la précédente \ ne venait à notre secours. Ici nous descendons de deux générations. Harsiésis y est inscrit comme le fils de Pétisis, et le mari de deux femmes Ta-ti-ta-neh .... et Hapou-es .... liés dont il eut deux fils, un nouveau Takellothis, et Onkh-Pétisis. La généalogie des membres de la famille d'Osorkon II ne s'arrêtait donc pas à Pétisis, et se poursuit au contraire à travers de nouvelles séries dont notre tableau devra tout à Tlieure tenir compte.

Deux courtes observations épuiseront ce que nous avions à dire sur la stèle datée de Fan 2 de Pikhaï.

La première est relative aux fonctions dont notre Pétisis est successivement revêtu aux deux époques où nous venons de le rencontrer, à vingt-six ans de distance, rendant ses devoirs à la majesté d'Apis. En Tan 28 de Scheschonk III, Pétisis partage avec son père Takellothis le titre de grand chef des Mat\m. En Tan 2 de Pikhaï, notre Pétisis a changé non-seulement de costume, mais aussi de qualifications, et à ses titres de prêtre attaché au temple de Phtah, il joint celui de commandant supérieur des Maschouasch. Or les Maschouach et les Mafou ne nous sont pas inconnus. Ramsès in a célébré sur le pylône de Médineh-Tabou ses victoires sur les premiers ; les seconds ont fourni au copte le mot m«.toi, qui a fini par être le terme générique de soldat, et à diverses époques on les rencontre avec la qualité de mercenaires au service de l'Egypte. (Cf. <r=> fA 1 ^ () UU 1 ^ 'i ^^ ^^^rf ^^^ soldats des Mafou, sur un fragment de statue du Sérapéum.) Ce sont deux peuples de l'Asie occidentale, identifiés depuis longtemps avec les MMes et les Mosches d'Hérodote ^ et on doit d'autant moins s'étonner de les retrouver en Egypte remplissant auprès des mêmes rois un service identique que ces peuples étaient de même race et se rangent au même verset du chap. X de la Genèse parmi les descendants de Japhet. Nous voilà donc retombés dans le bel article de M. Birch sur les ivoires trouvés à Nimroud ^, et les influences sémitiques dont ce savant a si habilement reconnu les traces au milieu des rois de la XXIP dynastie. Toute cette famille semble en effet avoir choisi ses noms, avec une persistance singulière, au delà des frontières de l'Egypte. Nimrot ( ^

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