XIX
>îls s'en acquitteront \ En ce jour >, continue le prophète*, qui fait allusion aux Nemrod, aux Sargon, aux Tiglath, aux Sémiramis que nous savons maintenant avoir vécu à la cour d'Egypte, «en ce jour il y aura une route de l'Egypte à Aschour •(l'Assyrie); ceux d' Aschour viendront en Egypte et ceux d'Egypte à Achour; et les ^Egyptiens serviront les Assyriens (xal 8oç>Xs6aoç>atv Ab(ù%zioi zoIq 'Aaaaptolc dans »les Septante)^.» Il n'y a pas un verset du chapitre XIX d'Isaïe qui ne nous transporte, comme on le voit, au milieu des princes de la race de Scheschonk, et sans agiter la question de savoir si le culte de Jéhovah s'établit réellement en Egypte, on devine par ce qui précède que les événements dont Isaïe nous conserve le souvenir se passèrent au milieu de troubles, dont il n'est pas impossible que quelques Juifs aient profité pour élever des autels à leur dieu national. Quoi qu'il en soit, la révélation des noms de Pikhaï et de Scheschonk IV, connus jusqu'ici par les seuls monuments trouvés à Memphis, l'extrême rareté des cartouches attribués aux rois de la dynastie Tanite (ce qui dénonce une époque d'agitations intérieures), et enfin les paroles si précises d'Isaïe, sont autant d'indices des luttes qui prirent naissance à la mort du dernier des neuf rois de la XXII*" dynastie de Manéthon. Avant Bocchoris, qui réussit à remettre le pays sous un sceptre unique, auraient par conséquent régné Psammus à- Tanis et Scheschonk IV à Memphis, et ainsi s'évanouiraient les objections nées de la présence des légendes de Bocchoris et de Scheschonk IV dans le même caveau de la tombe d'Apis. Bref, si les listes de Manéthon nous font voir une difficulté dans la vacance de l'étable sacrée qui se serait produite précisément pendant les quatrevingt-neuf ans de la XXIII^ dynastie, il est évident que cette difficulté devient nulle du moment où Scheschonk IV n'est plus le dernier roi de la XXIP dynastie. Un seul et même Apis, né sous Scheschonk IV, peut alors mourir sous Bocchoris; la XXIP dynastie du Sérapéum compte neuf rois comme celle de Manéthon; les trentesept ans de règne de Scheschonk IV ne viennent plus accuser le total fourni par cet historien, tandis qu'une lacune exceptionnelle disparaît de la série de nos Apis, qui se succèdent avec une satisfaisante régularité.
Maintenant est-ce bien là la solution définitive du problème, et ne craignons-nous pas de prouver un fait par un autre fait qui lui-même attend encore sa preuve? J'ai, quant à moi, quelque peine à admettre l'existence simultanée des deux dynasties qui auraient succédé à la XXIP. Quoique, vraisemblablement, l'Egypte n'ait pas tou-