Ib., XIX
3. M. Cahsn traduit : «Le* Égyptien» 9erviront (Jéhovah) avec ceux d^Atchotir*,
jours été gouvernée par un roi unique, il faut dire que les monuments ne nous ont jamais montré le pays divisé en deux gouvernements rivaux et indépendants, et comme, après tout, la lutte «du frère contre le frère» accuse une simple guerre civile, une lutte «de nome à nome» (v6|jloc sto v6|jlov, comme ont traduit les Septante), tout autant que la scission du pays en deux royaumes distincts \ il faut bien croire que la double royauté de la XXIIP dynastie aurait besoin, pour prendre rang parmi les faits définitivement acquis à Thistoire, d'un ensemble de preuves plus solide que celui dont nous disposons. D'un autre côté, la légende de Psammus, un des rois que la domination de Scbeschonk IV à Memphis aurait dû reléguer dans le Delta, se trouve sculptée à côté de l'image du roi sur l'un des pylônes de Karnac*. Il me paraît donc difficile qu'on puisse opposer le Pikbaï et le Scliescbonk IV du Serapéum au Pétubastis, à l'Osorchon et au Psammus de Manéthon. La lacune dans la série des Apis reste par conséquent entière, et puisque le Sérapéum nous l'affirme, nous devons- croire qu'effectivement la XXIII*' dynastie se passa de la présence du dieu, sauf à expliquer, soit par la mutilation des listes de Manéthon, soit par toute autre raison , la présence des onze princes dans la XXIP dynastie du Sérapéum. Quant aux causes qui amenèrent cet état de choses, on conçoit qu'il n'est pas facile de les déterminer. La XX!!!"" dynastie, de propos délibéré, bannit-elle le culte d'Apis, comme nous avons vu le culte d'Ammon poursuivi par les sectateurs d'Aten-ra? ou bien, préoccupés de leurs luttes et empêchés par l'état de soulèvement du pays, les prêtres n'eurent-ils pas le loisir de se mettre à la recherche souvent longue du dieu et de parcourir «les vallées de la haute Egypte et les îles de la basse Egypte?»* ou bien encore, par un hasard qui a dû se rencontrer quelquefois, puisque Pomponius Mêla a pris la peine d'en parler, ne naquit-il en Egypte, pendant toute la durée de la dynastie Tanite, aucun taureau pourvu des vingt-huit marques qui révélaient aux prêtres son origine céleste? Je pencherais plutôt pour cette dernière opinion. L'identité d'Apis et d'Osiris rend en effet impossible l'abolition du culte du premier de ces dieux, puisque nous savons que les autels du second ne cessèrent pas un seul jour d'être debout. D'autre part, l'agitation du pays n'a pu faire que, pendant près d'un siècle, on n'a pas réussi à amener à Memphis le taureau divinisé.
1. Le texte hébreu oppose les princeê de Tauis aux princes de Memphis. Les Scptaiite ont traduit : 01 otpyovTE; Toivsw; et o\ ap/oviE; Ms'ix^etuç.