‹ Le Sérapéum de MemphisChapitre 62 sur 73 · Id · texte numérisé non relu

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et à Sérakh celui d'Éthiopien , la Bible n'a pas fait une erreur. C'était à nous de chercher le motif de cette apparente confusion et de voir comment une qualification équivalente a pu être appliquée à deux personnages qui, s'ils avaient été contemporains et s'ils s'étaient rencontrés, se seraient probablement combattus, supposition que ne rend pas invraisemblable la conduite barbare de Sabacon envers Bocchoris, le dernier rejeton de la branche cadette issue d'Osorkon II,

Nous avons déjà remarqué que les personnages principaux du règne de Bocchoris portaient des noms que nous retrouvons dans le tableau généalogique de la branche cadette des Bubastites, et de ce fait ainsi posé nous avons conclu que Bocchoris luimême devait appartenir à cette même branche issue de la reine Hes-en-kheb. Les autres stèles de la XXIV® dynastie , sans nous mener précisément jusqu'à ce point, nous font voir cependant qu'à l'époque où elles ont été gravées le sang des Scheschonk dominait encore en Egypte. Les noms de Takelot, Scheschonk, Osorkon, sont en effet très nombreux, tandis que le culte de Bast, déesse éponyme de la XXII® dynastie, est l'un de ceux que le règne de Bocchoris maintient dans toute leur vigueur. L'influence des Scheschonk était donc encore vivante sous la XXIV^ dynastie, et les Scheschonk, les Nerarod, les Sargon, les Tiglath de la XXII®, tout étrangers qu'ils fussent, avaient laissé des souvenirs qui, longtemps après eux, ne s'étaient pas encore effacés. — Sous Tahraka, au contraire, l'Egypte semble protester, par les noms propres de ses habitants, contre la domination étrangère. Aut^int les noms assyriens ont pénétré, sous les trois dynasties précédentes, dans le sein des familles, où nous les voyons alterner avec les noms propres d'origine purement égyptienne, autant sous Tahraka il est difficile de rencontrer un seul nom éthiopien parmi les noms assez nombreux que les stèles du Sérapéum nous font connaître. Il est évident par là que Scheschonk et ses descendants furent acceptés par le pays et que Sabacon ne le fut pas. Ainsi l'Egypte avait adopté certains maîtres et repoussé les autres. Scheschonk fut peut-être pour elle un libérateur qui mit fin aux empiétements mêlés de troubles des grands -prêti-es de la XXP dynastie; Sabacon fut et resta le «roi violent» de l'Ecriture et le conquérant sorti de cette vile race de Coitsh qui troubla si longtemps le repos des anciens pharaons. Aussi la XXV® dynastie, dans les conditions où nous la voyons placée, ne pouvait-elle avoir une longue existence; inaugurée par le meurtre de Bocchoris, elle s'anéantit sous les efforts de la dodécarchie, qui devient ainsi un fait tout naturel et se présente comme la fin nécessaire d'une usurpation que la sympathie de l'Egypte ne sanctionna point. Les SaYtes, en effet,

succédèrent bientôt aux Éthiopiens, et avec eux nous arrivons à de nouveau Apis, dont le paragraphe suivant fera connaître la nomenclature.

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