‹ Le sergent Frédéric comédievaudeville en cinq actesChapitre 42 sur 83 · LE GARDIEN · texte numérisé non relu

LE GARDIEN

Mais, la consigne...

CHRISTINE

La consigne no me regarde pas... puisque j'ai une mission particulière.

(Le gardien ouvre la grille et Christine cotre; le gardien sort.) FRÉDÉRIC.

Bravo I nous voilà réunis commo au moulin !... il n’y manaut que mon filleul I... ahl et ma jolie marraine... je la regrette 1 JEAN, bas i Christine.

Dis-moi donc ce que tu as été faire à la cour*

CHRISTINE

Je te conterai cela plus tard, (a roi-voix, h Frédéric.) Mon prince, une personne de haut rang et qui vous est chère... FRÉDÉRIC.

Mon Elisabeth, n’est-ce pas?... lu l'as vue?... Tiens! que je l t’embrasse pour çai

LE SERGENT FR|[f .MC.

«RAtr.

il embrasse ma femme I... Est il populaire I

CHRISTINE

Elle m'envoie vous dire do ne pas vous affliger, et qu'elle s’occupe activement de vous.

M'affliger?.,. R donc! je suis philosophe... Distingue-toi, Jean, mon compère, je to nomme majordome et grand échan-on... cours aux cuisine» du château, dévaste l'oilice et la cantine, je veux être traité royalement... Sa majesté veut bien nous donner le logement... corbleu I il nous faut aussi la nourriture.

CIlRfSTINK.

La reine y a songé, «liesse... elle no veut pas que son fils meure do faim. (Le gardien ouvre la grille et quatre valets do pied entrent du fond, portant une manne remplie de comestibles; te domestique do Frédéric aide à mettre le couvert ; ils sortent et restent au fond en dehors de la grille.) Eh! tenez, voila les valets de pied qui apportent un repas complet.

Que les valets do pied soient les bienvenus !... Motions la mélancolie à la retraite, mon cher Gustave... c’e-t une pleurnicheuse qui n'est pas bonne pour le service... A table! vive la joie! et buvons a la liberté I

(lia se mettent à table: Jean et Christine les servent.) KEITT, de même.

La liberté, c'est aussi un beau rêve... commo l'amour... Lo conseil de guerre est en séance dans la pièce voisine.

FnÉDÉntc.

Tant mieux I... étourdissons- le par le bruit de nos verres... A la santé du conseil de guerre I

KEITT.

Tenez, mon prince, j'ai eu tort de no pas m'opposer à un coup de tête, quiacausè tout lumal... Je connaissais! ^extrême sévérité du roi... j'aurais dû vous surveiller, vous n'en seriez pas là aujourd’hui.

FRÉDÉRIC, tendant son verre.

Du tokai !... Laisse donc, en bonne philosophie, la prison est un lieu de repos et de méditation.

jean, à mi-voix.

Cristil Christine I ils fluient le tokai, comme si c’était de la petite bière I

FRÉDÉRIC, tendant son verre.

A boire I

Air Douvres de SI. DXjizct fils.

Riant des sols, des verrous et des grilles, tfn philosophe à tout se fait bientôt ;

Sur sa gaité que peuvent les bastilles?

Un noble carur ne lalbllt pas sitôt.

Quand la vertu s'épure à son école.

Venons tous deux y prendre une Won;

Quand l'amitié surtout nous y console.

Ah! qu'oo est bien, qu’on est bien en prison!

REPRISE

Ah! qu'on est bien, etc.

binxicac cocrtrr.

Du despotisme et de l'ingratitude,

Colomb, victime, expire dans les fers;

D’un noir cachot II voit la solitude.

Lui, qui venait d'agrandir l'univers!

LA, le «avant qui vit tourner la terre, démit captif, pour avoir eu raison!

Socrate y meurt... là, commença Voltaire!...

Ah! qu’on est bien, qu’on est bien en prison !

REPRISE

Ah! qu'On est bien, etc.

(Roulement th tambours.)

CHRISTINE, à la grille.

Le général !

LE GARDIEN, ouvrant la grille de droite.

Le général monte l'escalier.

Il vient peut-être pour nous interroger!

KEITT.

Je no me soucie pas beaucoup de paraître en sa présence.

Ni moi non plus.

KEITT.

Éloignons-nous.

Pas avant d’avoir vidé nos verres.

(Ils trinquent et reprennent : )

Quand UaniUlé surtout nous y console,

Ah ! qu'on est bien, etc.

( Ils sortent.)

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