M. DELAI' N AT
Comme vous te savez I
SAtNT-ROBERT.
Eh bien, monsieur, mon oncle m’a chargé de vous présenter ?cs compliments et de vous tuer... (II se few et salue).
' H. DELADNAT.
Vous dites ?
SAINT-ROBERT
Je dis, monsieur, que je suis chargé de vous tuer... Vous m'on voyez désolé, mais vraiment il n’y a pas de ma faute... Pétais à la campagne chez un ami, bien tranqudlcmont, une lettre m’arrive, elle était du notaire le mon oncle, et m’annonçait que le docteur Fenimore m’avait institué son légataire universel, à la seule condition de vous provoquer en duel et de vous tuer I (appelant) Gigonnet.
G1CONNET.
Monsieur?
SATNT-ROBERT.
Veuillez communiquer à monsieur le testament de mon oncle... Lisez, monsieur, lisez... rien n’y manque I
M. DELAD N AT, riant.
C’est ma foi vrai I
SAINT- ROBERT-
Oh! mon oncle était un hommo de précaution., il a même prevu le cas ou j’aurais l’intention de ne nas obéir à ses dernières volontés, vovez plus bas! « Codicille: Si mon neveu le capitaine Saint- Robert nerécutait pas formellement mes intentions à Viijard de Af. Dclaunau, y entend s que tous mes biens meubles et tmmeubUs soient vendus pour te produit être distribué aux pauvres. «.Nom d’un cien ! esUce clair?
M. OELAUNAT.
Très clair.. Si bien que vous avez quitté, tout exprès, la campagne où vous étiez st tranquillement....
SAINT-ROBERT
Tout exprès, et par respect pour la mémoire de mon oncle; écoutez donc, d s’agit de «30,000 livres de rentes, que le bon docteur a gagnées au Canada, et je vous crois trop honnête homme pour vouloir me priver de cotto fortune. On doit s’aider, entre compatriotes.
M. DELADNAT.
Et so faire tuer pour l’amour de Dieul C’est peut-être compter un peu trop sur ma charité!
SAINT- ROBERT
Ma foi, monsieur, mon oncle qui était célibataire... ma élevé... Ce que je suis... je le lui dois un pou... et puisque voire mort paraît lui tenir au cœur, la reconnaissance m impose le devoir de lui rendre ce dernier service.
M. DELADNAT
Ah ça , monsieur, est-ce bien sérieusement que vous êtes venu me proposer cette ulaisanterie ?
SAINT-ROBERT
Très sérieusement; je no plaisante jamais quand il s'agit os 60,000 livres de rentes, nom d’un c'ienl M. DELADNAT.
Parbleu! monsieur, on m’avait bien dit que vous étiez d’un caractère original et l’homme du inonde le plus leste à la ré plique, mais venir en plein midi, le 7 septembre 1850, à dix fiuuus de Paris, dans une maison habitée, pronoscr gravement à un propriétaire qui vit de ses renies, do vouloir bien en manière de divertissement, se couper la gorge pour obliger un pas-ant, voilà qui prouve quo vous valez mieux que votre répu» talion.
SAINT-ROBERT
Vous me flattez.
M. DELADNAT.
Non., d’honneur!... Malheureusement, pour que la plaisanterie fût excellente, il faudrait deux consentements... et je n’eo vois qu’un., le vôtre!
SAINT-ROBERT
C'est un commencement, et le reste ira tout seul.
li. DELAD N AY.
Ah! par exemple!
SAINT-ROBERT, l’ interrompant.
El puis ce sera si vite fait! pif! paf! le temps d’échanger deux balles... Si j’hérite, uhl monsieur, quelle reconnaissance! Si vous me tuez, les pauvres vous devront un million... Quel concert de bénédictions... nom d’un c’icn ! ça m’attendrit I N. DELADNAT.
Les pauvres! les pauvres... El moi, monsiour?
SAINT-ROBERT
Le ciel vous récompensera.
U. DELADNAT.
Je vous trouve charmant I
sajnt-robert.
Vous êtes trop bon.