SCÈNE IX
LES MÊMES, MULOT, Conscrits, MARGOTON, puis LE COMTE D'ESTÈVE.
atULOT , la main enveloppée dans un mouchoir y bas à Mathieu qui s' approche de lui.
Dites donc. Sergent, j'ai e'trenné, comme vous pouvez voir. . . Hein! pas manchot, le Bourguignon? MATHIEU, 5*occM/7anf d'EvcUnc.
C'est bon , t'as bien fait.
MULOT , lui pressant la main.
Sensible ! mon ancien.
MARGOTON
A la fraîche. . . qui veut boire? ( versant un petit verre qu' elle présente à Mathieu.) Allons, Sergent, vous ne refusez jamais, vous.
MATHIEU
Au diable ! enrayé de c' côté-là , j' suis au régime des économies. ( la prenant par le menton, et la faisant retour ' ner. ) Ainsi, demi-tour à gauche.
ÉVELiPfE , a part.
AIR : F'audeville du premier Prix.
Qu'il est bon . . . malgré sa colère , C'est pour moi qu'il se prive ainsi ....
MAROOTON.
J' vous frai crédit pour un petit verre.
MULOT
Comment ? y r'fuse le riquiqui . . .
MATHIEU
De mes regards, bien vît' qu'on l'ote.
MULOT
Vivaudière , passez-moi ça ; C'est la beauté qu'a fait la faute , C'est la gloire (pii la boira!
( Il avale le petit verre. )
( ao )
LE COMTE , entrant en scène.
Conscrits , je suis content de vous, vous vous êtes conduits comme de vieux soldats. . . Ah! te voilà, Mathieu? mais quelle est donc cette jeune fille?
MATHIEU
Celle dont j' vous parlais ce matin, mon Géne'ral , c'est ma petite Evelinej elle s'est trouvée dans le malheur, et elle s'est rappelé son vieil ami. . .
LE COMTE
Mademoiselle , votre confiance dans la loyauté militaire ne sera point trompée . . . Mais ici , vous ne seriez point en sûreté.
MATHIEU
Dam' mon Général, je ne peux pas la remettre dans mon havre-sac. . . vous voyez, que les dimensions n'y sont plus.
LE COMTE
Un convoi escorté par quelques hommes va se rendre au village de Blanskernn, où demeure ma parente la comtesse. C'est à elle , si tu veux , que nous confierons Mademoiselle,
ÉVELINE, à Mathieu.
Quoi ! vous quitter . . . sitôt.
LE COMTE
Rassurez-vous, Mademoiselle. Celui qui commandera l'escorte est digne de votre confiance ! c'est le lieutenant Ferdinand de Lasalle , mon neveu.
( Tl remonte le Théâtre pour donner des ordres à ce sujet. )
ÉVELINE
Ferdinand î . . . il est ici. . . Comment se fait-il ?
MATHIEU
Eh bien! . . . qu'avez -vous donc ?
ÉVELINE
Ferdinand! au nom du ciel, que je puisse éviter sa présence.
MATHIEU
Pourquoi çà?
ÉVELINE
C'est celui que je dois fuir ! . . . de grâce ! . . . Protégezmoi!. . .
MATHIEU, avec colère.
Lui ! . . . mille tonnerres ! ( Eveline recule effrayée. ) Mais le voici. . . silence. . . je me charge de tout.
c^. ) SCÈNE X.