‹ Le sergent Mathieu. Comédie-vaudeville en trois actesChapitre 26 sur 39 · SCÈNE XÏI · texte numérisé non relu

SCÈNE XÏI

LES MÊMES, MATEÏEXJ.llaunsalre.

MATHIEU , à part- .T"nl assez d' bal comm' çà. Je vais tattrc en retraite... Mille bombes! . . . Qu'est-c' que je vois là ?.. •

ÉVELINE , accourant à lui' Ah ! lie grâce , sauvcz-mol !

MATHIEU

Oui. Encore vous, mon lieutenant? ( à Evelinc , avec sévérité. ) Rentrez. ( E véline héiile. ) Rentrez I

ÉVELINE

Ah! ne les perdons pas de vue.

( Elle sort , et reparait ensuite. ) MATHIEU.

Mon lieutenant , vous abusez de votre position et de ma confiance; hier , je vous avais de'clare' qu'elle était sous ma protection , d' quel droit venez-vous encore attenter à son repos?

Et vous , de quel droit venez-vous me demander compte de mes actions ?

MATHIEU

AIR : Un pcge aimait la jeune Adèle.

Voire conduite et m'indigne el m'offense; Mais à vos pas toujours je m'attach'rai. . . Car ]e le VOIS , la vertu , 1 innocence , Le malheur mêm', pour vous rien n'est sacré.

FERDINAND

Je saurais bien répondre à celte injure Si VOUS étiez officier,

MATHIEU

Par ma foi , J'aurais déjà répondu , je vous jure , Si vous étiez un soldat comme moi.

FERDINAND

Vous oubliez la distance qui nous sépare , mais je saurai bien vous faire repentir de vos menaces. Rendez - vous à la garde du camp ; vous n'assisterez point à la prochaine affaire. Sortez!

MATHIEU

Non , je reste!

Insolent !

FERDINAND

MATHIEU

Je devine le motif de cet ordre. . . Vows toulcz nréloigner d'elle. . . votre conduite est indit^ne d'un militaire. . . Je ne vous reconnais plus pour mon officier, et je refuse de vous obe'ir!

Trio de M. Doche.

febdikand.

Je ne puis retenir ma colère !

Lâche soldat î obéis moi !

MATHIEU

Non , non !

Lâche soWal?. . . m'insulierl

FERDINAND

Téraéraite!

Tu vas payer cher cet alTront î

MATHIEU, à part.

Et je ne puis en obtenir raison î Insulter une vieille moustache !

FERDINAND

Sors à l'instant, Ou je t'arrache L'épaulette du régiment.

( Il fait un mouvement pour exécuter sa menace, Mathieu recule , tire son sabre. Eveliiie paraît , et se jette enlr'eux. )

ÉVELiNE , ai^ec un cri cf effroi.

Ahl arrêtez ! qu'a liez- vous faire ?

MATHIEU , s* arrêtant tout-à-coup.

Votre voix me désarme, et la raison m'ëclaire.

( Il jette son sabre au loin. )

Trente ans de gloire à jamais sont perdus ,

Je suis déshonoré ! je ue servirai plus. ' f.r • •-; *"

ENSEMBLE

FERDINAND, (i/?a//.

Je sens que la colère A troublé ma raison ; Mais que pouvaishje taire , Après un tel affront ?

MATHIEU , « pan.

J eloiifle de f.olère !

Ali ! [)our moi , quel aiïroiil !

Traiter de e't«} iiiuuière L'plus vicujt du i)alaitlon!

EVBLINE.

Grand Dieu I quelle colère !

t<ui ! si brave , si bon !

O cit'l! que va-l-il faire Après ou tel aflVuul ?

( On eiUend t." orchestre du bal , et les danseurs reviennent fermer les quadrilles dans le salon et dans la, galerie. )

Yveline.

Oa vient ! il est perdu !

FERDINAND

Non , ne craignez rien pour lui.

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