SCÈNE XÏI
LES MÊMES, MATEÏEXJ.llaunsalre.
MATHIEU , à part- .T"nl assez d' bal comm' çà. Je vais tattrc en retraite... Mille bombes! . . . Qu'est-c' que je vois là ?.. •
ÉVELINE , accourant à lui' Ah ! lie grâce , sauvcz-mol !
MATHIEU
Oui. Encore vous, mon lieutenant? ( à Evelinc , avec sévérité. ) Rentrez. ( E véline héiile. ) Rentrez I
ÉVELINE
Ah! ne les perdons pas de vue.
( Elle sort , et reparait ensuite. ) MATHIEU.
Mon lieutenant , vous abusez de votre position et de ma confiance; hier , je vous avais de'clare' qu'elle était sous ma protection , d' quel droit venez-vous encore attenter à son repos?
Et vous , de quel droit venez-vous me demander compte de mes actions ?
MATHIEU
AIR : Un pcge aimait la jeune Adèle.
Voire conduite et m'indigne el m'offense; Mais à vos pas toujours je m'attach'rai. . . Car ]e le VOIS , la vertu , 1 innocence , Le malheur mêm', pour vous rien n'est sacré.
FERDINAND
Je saurais bien répondre à celte injure Si VOUS étiez officier,
MATHIEU
Par ma foi , J'aurais déjà répondu , je vous jure , Si vous étiez un soldat comme moi.
FERDINAND
Vous oubliez la distance qui nous sépare , mais je saurai bien vous faire repentir de vos menaces. Rendez - vous à la garde du camp ; vous n'assisterez point à la prochaine affaire. Sortez!
MATHIEU
Non , je reste!
Insolent !
FERDINAND
MATHIEU
Je devine le motif de cet ordre. . . Vows toulcz nréloigner d'elle. . . votre conduite est indit^ne d'un militaire. . . Je ne vous reconnais plus pour mon officier, et je refuse de vous obe'ir!
Trio de M. Doche.
febdikand.
Je ne puis retenir ma colère !
Lâche soldat î obéis moi !
MATHIEU
Non , non !
Lâche soWal?. . . m'insulierl
FERDINAND
Téraéraite!
Tu vas payer cher cet alTront î
MATHIEU, à part.
Et je ne puis en obtenir raison î Insulter une vieille moustache !
FERDINAND
Sors à l'instant, Ou je t'arrache L'épaulette du régiment.
( Il fait un mouvement pour exécuter sa menace, Mathieu recule , tire son sabre. Eveliiie paraît , et se jette enlr'eux. )
ÉVELiNE , ai^ec un cri cf effroi.
Ahl arrêtez ! qu'a liez- vous faire ?
MATHIEU , s* arrêtant tout-à-coup.
Votre voix me désarme, et la raison m'ëclaire.
( Il jette son sabre au loin. )
Trente ans de gloire à jamais sont perdus ,
Je suis déshonoré ! je ue servirai plus. ' f.r • •-; *"
ENSEMBLE
FERDINAND, (i/?a//.
Je sens que la colère A troublé ma raison ; Mais que pouvaishje taire , Après un tel affront ?
MATHIEU , « pan.
J eloiifle de f.olère !
Ali ! [)our moi , quel aiïroiil !
Traiter de e't«} iiiuuière L'plus vicujt du i)alaitlon!
EVBLINE.
Grand Dieu I quelle colère !
t<ui ! si brave , si bon !
O cit'l! que va-l-il faire Après ou tel aflVuul ?
( On eiUend t." orchestre du bal , et les danseurs reviennent fermer les quadrilles dans le salon et dans la, galerie. )
Yveline.
Oa vient ! il est perdu !
FERDINAND
Non , ne craignez rien pour lui.